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L’état d'Israël

Israël a toujours occupé une place centrale dans le cœur des Juifs. Depuis la destruction de Jérusalem par les Romains en l’an 70 jusqu’à la Déclaration d’Indépendance de l’État d’Israël en 1948, les Juifs à travers le monde n’ont jamais perdu l’espoir de rebâtir leur pays. Aujourd’hui, Israël est un pays à la fois chargé d’histoire et très moderne.

Superficie : environ 21 000 km2 (l’équivalent d’une région française comme la Bretagne).Population : environ 8 millions d’habitants. Langues officielles : hébreu et arabe.

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Empire romain de la prise de Jérusalem par Pompée (-63) à la chute de l'empire romain (476)

L’Antiquité est une période de l’histoire qui a vu naître et s’effondrer des empires de plus en plus immenses qui se sont « engloutis » les uns les autres. La terre d’Israël, comme toutes les régions alentour, a été conquise maintes fois et beaucoup de Juifs ont été exilés. Cela a été une période difficile pendant laquelle Jérusalem et son Temple ont été détruits (-586), reconstruits (-538/-516), puis à nouveau détruits (+70).

En -63, la terre d’Israël est conquise par l’immense empire romain, qui s’étend non seulement en Asie mais aussi en Afrique et en Europe. La Gaule est conquise par Jules César tout juste dix ans plus tard, en -53. En l’an 70, les Romains détruisent Jérusalem et le second Temple. Tous les Juifs sont exilés et dispersés à travers l’empire romain. La terre d’Israël, renommée « Palestine » par l’empereur Hadrien en l’an 135 (après la révolte de Bar Kokhba), reste sous domination romaine jusqu’à la chute de l’empire romain en 476.

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Empire séleucide de la prise de Jérusalem (-200) à la dynastie hasmonéenne (-140)

L’Antiquité est une période de l’histoire qui a vu naître et s’effondrer des empires de plus en plus immenses qui se sont « engloutis » les uns les autres. La terre d’Israël, comme toutes les régions alentour, a été conquise maintes fois et beaucoup de Juifs ont été exilés. Cela a été une période difficile pendant laquelle Jérusalem et son Temple ont été détruits (-586), reconstruits (-538/-516), puis à nouveau détruits (+70).

Après la mort d’Alexandre le Grand, deux de ses généraux se disputent le contrôle de la terre d’Israël : Ptolémée, qui devient roi d’Égypte, et Séleucos, fondateur de la dynastie grecque séleucide. En -200, le roi Antiochos III, successeur de Séleucos, intègre la terre d’Israël à l’empire grec séleucide. Cette terre reste sous domination grecque jusqu’à la révolte des Maccabées en -164, suivie de la fondation, en -140, d’un nouveau royaume indépendant dirigé par les descendants des Maccabées : les Hasmonéens.

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Empire grec d'Alexandre le Grand et de la prise de Jérusalem (-331) à la mort d'Alexandre (-323)

L’Antiquité est une période de l’histoire qui a vu naître et s’effondrer des empires de plus en plus immenses qui se sont « engloutis » les uns les autres. La terre d’Israël, comme toutes les régions alentour, a été conquise maintes fois et beaucoup de Juifs ont été exilés. Cela a été une période difficile pendant laquelle Jérusalem et son Temple ont été détruits (-586), reconstruits (-538/-516), puis à nouveau détruits (+70).

Après la conquête de la Perse en -331, Alexandre le Grand se rend maître d’un vaste empire qui s’étend de la Grèce à l’Inde. Il se montre très respectueux vis-à-vis du judaïsme mais à sa mort, en -323, ses généraux se partagent son empire et vont s’avérer moins tolérants…

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Empire perse - Capitales Persépolis et Suze (-539/-336)

L’Antiquité est une période de l’histoire qui a vu naître et s’effondrer des empires de plus en plus immenses qui se sont « engloutis » les uns les autres. La terre d’Israël, comme toutes les régions alentour, a été conquise maintes fois et beaucoup de Juifs ont été exilés. Cela a été une période difficile pendant laquelle Jérusalem et son Temple ont été détruits (-586), reconstruits (-538/-516), puis à nouveau détruits (+70).

Fondé en l'an -550 par Cyrus Le Grand, le très puissant empire perse s'étend de l'Afrique du Nord à l'Asie, jusqu’à sa destruction par Alexandre le Grand en -331. Contrairement aux Assyriens et aux Babyloniens, les Perses pratiquent la tolérance religieuse et permettent aux peuples conquis de conserver leur identité culturelle et religieuse. En -538, Cyrus le Grand autorise les Juifs exilés dans son empire à retourner sur leur terre pour rebâtir leur Temple.

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Empire babylonien - Capitale Babylone (-604/-539)

L’Antiquité est une période de l’histoire qui a vu naître et s’effondrer des empires de plus en plus immenses qui se sont « engloutis » les uns les autres. La terre d’Israël, comme toutes les régions alentour, a été conquise maintes fois et beaucoup de Juifs ont été exilés. Cela a été une période difficile pendant laquelle Jérusalem et son Temple ont été détruits (-586), reconstruits (-538/-516), puis à nouveau détruits (+70).

Au VIIe siècle avant notre ère, l’empire babylonien conquiert tous les territoires de l’empire assyrien. Le roi babylonien Nabuchodonosor fait détruire Jérusalem et son Temple en -586, à la date hébraïque du 9 Av (Ticha Be-Av).

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Empire assyrien - Capital Ninive (-764/-604)

L’Antiquité est une période de l’histoire qui a vu naître et s’effondrer des empires de plus en plus immenses qui se sont « engloutis » les uns les autres. La terre d’Israël, comme toutes les régions alentour, a été conquise maintes fois et beaucoup de Juifs ont été exilés. Cela a été une période difficile pendant laquelle Jérusalem et son Temple ont été détruits (-586), reconstruits (-538/-516), puis à nouveau détruits (+70).

Au VIIIe siècle avant notre ère, l’Assyrie devient un grand empire et se lance dans la conquête de nombreux territoires. Le Royaume du Sud (Juda) accepte de se soumettre et de payer des taxes pour maintenir une certaine autonomie au sein de l’empire, mais le Royaume du Nord (Israël) tente de résister. En -722, le royaume du Nord est détruit et sa population entièrement exilée. C’est ainsi que dix tribus d’Israël ont définitivement été perdues : il n’est plus resté que les tribus de Juda et de Benjamin qui vivaient dans le royaume du Sud.

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Les royaumes d'Israël et de Juda

Après la sortie d’Égypte, et après le Don de la Torah au Mont Sinaï, les Hébreux ont voyagé pendant 40 ans dans le désert du Sinaï avant d’entrer enfin en Terre Promise ! La conquête et l’installation en Terre Promise vont durer encore de nombreuses années avant que les tribus d’Israël s’unissent pour fonder un royaume

Savez-vous qu’il y a eu non pas un seul mais deux royaumes en Israël ? Après la mort du roi Salomon, le royaume a été scindé en deux et, pendant plusieurs siècles, il y a eu un royaume au Sud, appelé Juda, et dont la capitale était Jérusalem, et un autre au Nord, nommé Israël, et dont la capitale était Samarie.

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Le royaume de David et Salomon

Après la sortie d’Égypte, et après le Don de la Torah au Mont Sinaï, les Hébreux ont voyagé pendant 40 ans dans le désert du Sinaï avant d’entrer enfin en Terre Promise ! La conquête et l’installation en Terre Promise vont durer encore de nombreuses années avant que les tribus d’Israël s’unissent pour fonder un royaume

David et Salomon sont les deux plus grands rois d’Israël : David a unifié le royaume d’Israël et a fait de nombreuses conquêtes, Salomon a construit le Temple de Jérusalem et a apporté la paix et la prospérité dans le royaume.

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Les territoires des 12 tribus (-1300/-1000)

Après la sortie d’Égypte, et après le Don de la Torah au Mont Sinaï, les Hébreux ont voyagé pendant 40 ans dans le désert du Sinaï avant d’entrer enfin en Terre Promise ! La conquête et l’installation en Terre Promise vont durer encore de nombreuses années avant que les tribus d’Israël s’unissent pour fonder un royaume

Lorsque les tribus d’Israël sont entrées en Terre Promise, elles n’ont pas tout de suite créé un royaume : elles ne l’ont fait que près de deux siècles plus tard. Dans un premier temps, il a fallu conquérir ensemble cette terre sous la conduite de Josué. Ensuite, chaque tribu s’est installée sur un territoire, à l’exception de la tribu de Lévi qui devait se consacrer au service divin.

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La terre d'Israël (Canaan)

Abraham est né en Mésopotamie, berceau des premières cités, de l’agriculture, de l’élevage et de l’écriture. Les Patriarches et les Matriarches vivaient et voyageaient à l’intérieur du « Croissant fertile », zone géographique qui s’étend de la Mésopotamie à l’Égypte en passant par la terre d’Israël.

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Le croissant fertile

Abraham est né en Mésopotamie, berceau des premières cités, de l’agriculture, de l’élevage et de l’écriture. Les Patriarches et les Matriarches vivaient et voyageaient à l’intérieur du « Croissant fertile », zone géographique qui s’étend de la Mésopotamie à l’Égypte en passant par la terre d’Israël.

Cette zone était très fertile grâce aux nombreux fleuves qui l’irriguaient : le Tigre, l’Euphrate, le Jourdain et le Nil.
Aujourd’hui, on l’appelle « Proche-Orient » car c’est la partie du continent asiatique la plus proche de nous.

Promenez-vous dans la carte pour en savoir plus.

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Six millions de Juifs en Israël

En 2014, le nombre de Juifs vivant en Israël a dépassé les 6 millions, ce qui est important sur le plan symbolique car 6 millions de Juifs ont été tués pendant la Shoah.

Pour rappel, sur les 8 millions d’Israéliens, 75 % sont juifs, 21% sont musulmans et 4% sont chrétiens, druzes, ou n’ont tout simplement pas de religion.

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Les démarches pour la paix

Malgré les difficultés et les conflits meurtriers, des personnalités juives, arabes et américaines ont toujours œuvré pour rendre possible la paix entre Juifs et Arabes au Proche-Orient.

Quelques accords de paix ont ainsi pu être signés mais le chemin reste long.

  • Les accords de Camp David (26 mars 1979)

Après la guerre de Kippour, les dirigeants égyptiens et israéliens prennent conscience que les guerres incessantes ne mènent à rien et un processus de négociations débute avec l’Égypte. Il faut beaucoup de courage au Premier ministre israélien Ména’hem Begin et au Président égyptien Anouar El-Sadate pour commencer à discuter ensemble ! Le 26 Mars 1979, un premier accord de paix est signé entre Israël et l’Égypte : ce sont les accords de Camp David. Un immense espoir naît car cet événement historique prouve que vivre côte à côte est possible !

  • Les accords d’Oslo (1993)

Après plusieurs décennies de conflit, de haine et de morts, les Palestiniens et les Israéliens, grâce à la volonté des États-Unis, débutent un processus de négociation pour parvenir à la paix. Il faut, au préalable, que les Palestiniens reconnaissent officiellement l’existence de l’État d’Israël, qu’ils renoncent au terrorisme et que les Israéliens considèrent désormais l’OLP (l’Organisation de Libération de la Palestine) comme interlocuteur et acceptent de rendre des territoires conquis en 1967.

Ces accords sont signés par Yits’hak Rabin, Premier ministre d’Israël, et Yasser Arafat, chef de l’OLP, le 13 Septembre 1993.

Mais une partie des Palestiniens rejette ces accords et le ’Hamas, une organisation terroriste islamiste créée en 1987, lance une série d’attentats suicides terriblement sanglants en Israël.

Certains Israéliens refusent également ces accords. Yits’hak Rabin le paie même de sa vie puisque le 4 novembre 1995, il est assassiné par un extrémiste juif.

Depuis, la situation varie entre guerre et paix même si dans les deux camps beaucoup veulent croire encore à la paix et œuvrent pour trouver des solutions.

  • Le traité de paix avec la Jordanie (26 Octobre 1994)

À la suite des accords d’Oslo, un traité de paix est signé avec la Jordanie.

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Les guerres israélo-arabes

La création de l’État d’Israël pose problème car le peuple palestinien, vivant parfois sur cette terre depuis des générations, revendique le même territoire. De plus, la majorité des pays musulmans refusent d’avoir un État juif au Proche-Orient. Israël doit ainsi faire face à plusieurs guerres dès sa création.

Les principaux épisodes du conflit :

  • La guerre d’Indépendance (1947-1949)

Dès le lendemain de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël, les armées des cinq pays arabes voisins (Égypte, Jordanie, Irak, Syrie et Liban) attaquent le jeune État.

La Hagana (force de défense juive) et d’autres unités de défense se réunissent et forment l’armée israélienne : Tsahal (Tsava Hagana Lé Israël, qui signifie en hébreu « armée de défense d’Israël »).

Cette guerre fait de nombreux morts. Plus de 600 000 Arabes fuient vers la bande de Gaza ou les pays voisins (principalement la Jordanie, le Liban) et s’entassent dans des camps de réfugiés. Environ 150 000 Arabes décident de rester en Israël et deviennent des citoyens israéliens.

Le 7 Janvier 1949, le Conseil de Sécurité de l’ONU impose un cessez-le-feu ; c’est la fin des hostilités, mais pas la paix :

-la question de l’État arabe qui devait naître à côté d’Israël n’est pas résolue,

-les États arabes ne reconnaissent toujours pas l’État d’Israël.

  • La guerre des Six Jours (juin 1967)

Au printemps 1967, une alliance entre la Syrie, la Jordanie et l’Égypte menace Israël. L’armée israélienne prend les devants et en seulement 6 jours la victoire est sans appel.

Certains territoires, initialement destinés au futur État palestinien, sont occupés par Tsahal. Israël pense alors pouvoir négocier la paix avec ses voisins en utilisant ces territoires comme monnaie d’échange. Mais en septembre 1967, le dirigeants arabes réunis à Khartoum (capitale du Soudan) signent une résolution contenant un « triple non » : non aux négociations, non à la paix et non à la reconnaissance d’Israël.

  • La guerre de Kippour (octobre 1973)

Le 6 octobre 1973, en plein jeûne de Kippour, les armées égyptiennes dans le Sinaï, et syriennes dans le Golan, attaquent par surprise Israël.

Cette guerre est très meurtrière et secoue tout le pays. Pour remporter la victoire, Israël déploie toutes ses forces.

  • La guerre du Liban (juin 1982)

Depuis 1969, les combattants palestiniens de l’OLP (« Organisation de Libération de la Palestine »), qui ont été chassés de Jordanie, se sont installés au Liban. Ce pays est divisé en différentes communautés (musulmanes, chrétiennes etc.) qui vivent sous tension.

Les « fédayins » (des petits groupes de commandos palestiniens qui ne reconnaissent pas Israël et qui mènent des attaques terroristes) sont principalement installés au sud du Liban et menacent Israël.

Face à ces menaces, Israël envahit le Liban en juin 1982. Cette opération est appelée, par les Israéliens « Paix en Galilée » car l’objectif est de créer une zone censée garantir le calme entre le sud du Liban et Israël. En réalité, l’armée israélienne parvient jusqu’à Beyrouth, la capitale du Liban, qui est bombardée. Des milices chrétiennes massacrent la population, sans qu’Israël ne s’interpose.  Le conflit n’est pas pour autant résolu et le Liban demeure un lieu d’instabilité et de conflit (attentats, explosions, meurtres).

Un mouvement terroriste financé par l’Iran apparaît alors : le « Hezbollah ». Il mène des attaques très violentes contre Israël. En juillet 2006, Israël tente d’éradiquer ce mouvement et entre au Liban une seconde fois.

  • Les deux « Intifada » (1987 et 2000)

En arabe, le mot "intifada" signifie "soulèvement". Dans le conflit israélo-palestinien, l'intifada fait référence à la révolte des Palestiniens contre ce qu'ils considèrent comme une occupation israélienne de leur pays.

Il y en a eu deux :

La première Intifada, qui a débuté le 9 décembre 1987, est un soulèvement spontané, appelé également « guerre des pierres » (les jeunes palestiniens lancent des pierres contre les forces israéliennes). Ce soulèvement s’apaise en 1993 avec la signature des accords d'Oslo.

La seconde Intifada est déclenchée par la visite d'Ariel Sharon

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Les différentes alyot depuis 1948

Depuis sa création en 1948, l’État d’Israël a attiré de très nombreux Juifs du monde entier, désireux de s’installer sur la terre de leurs ancêtres : on appelle cela « faire son alya ». Mais il y a eu également de grandes vagues d’immigration, ou alyot, organisées pour venir en aide à des communautés en difficulté. Elles concernent en premier lieu les rescapés de la Shoah ainsi que de nombreux Juifs des pays arabes, persécutés à cause de l’opposition des Arabes à la création de l’État d’Israël. Ce sont ainsi près de 700 000 Juifs qui émigrent entre 1948 et 1952.

Le gouvernement israélien doit également organiser de véritables opérations de sauvetage, telles que :

  • L’Opération « Tapis volant » (1949-1950) pour les Juifs du Yémen

Dès la création de l’État d’Israël, des menaces pèsent sur toutes les communautés juives vivant dans les pays à majorité musulmane. Victimes d’antisémitisme et menacés, la majorité des Juifs doivent fuir les pays dans lesquels ils vivent depuis plusieurs siècles. C’est le cas notamment des Juifs du Yémen auxquels l’État d'Israël apporte son aide.

Israël organise alors leur départ : des avions viennent les chercher pour les transporter en Israël. Entre 1949 et 1950, on estime à environ 45 000 le nombre de Juifs yéménites qui arrivent en Israël. On a appelé cette opération « Tapis volant » parce que, pour la plupart, ces hommes et femmes ne connaissaient pas les avions et les décrivaient comme magiques.

Cette opération demeure secrète et n’est révélée que plusieurs semaines après sa réalisation.

L’arrivée en Israël est, pour certains, très difficile car la plupart de ces Juifs yéménites qui habitaient auparavant de petites bourgades où ils s’occupaient de leurs terres, sont installés dans des villes.

Aujourd’hui, les Juifs yéménites sont intégrés en Israël et contribuent à la vie du pays, en particulier dans le domaine musical.

  • Les Opérations « Moïse » et « Salomon » (1984-1991) pour les Juifs d'Éthiopie

En Éthiopie, une tribu (appelée de manière péjorative par certains « les Falashas ») revendique son identité juive depuis plusieurs siècles. Il existe plusieurs hypothèses : ou ils seraient descendants d’un enfant de la reine de Saba et du roi Salomon ou d’une tribu perdue d’Israël, ou encore de tribus converties au judaïsme depuis plusieurs centaines d’années.

L’État d’Israël a reconnu leur judéité.

En 1984, après plusieurs années de sécheresse et de guerre, l’Éthiopie souffre d’une grave crise humanitaire et l'État d’Israël choisit ce moment pour organiser l’arrivée de 8 000 Juifs d’Éthiopie. Cette opération est appelée « opération Moïse ». Les Juifs éthiopiens sont très démunis pour la plupart, et découvrent le monde moderne avec étonnement.

En 1991, le nouveau régime éthiopien autorise, en échange d’un don de l'État d’Israël, l’émigration d’environ 20 000 Juifs éthiopiens supplémentaires vers Israël. Cette seconde opération est nommée « opération Salomon ».

Leur intégration en Israël a parfois été difficile à cause des écarts entre le mode de vie traditionnel en Éthiopie et celui qu’ils découvrent en Israël, mais également parce que leur judéité a été remise en question par certains rabbins ; enfin, dans certains cas, ils souffrent de racisme et de ségrégation.

La dernière immigration massive a lieu après la chute de l’Union soviétique :

  • Alya des Juifs de Russie (1990-1996)

Les Juifs d’URSS sont victimes d’antisémitisme mais n’ont pas le droit de quitter le territoire jusqu’à la chute du régime soviétique, entre 1989 et 1991. Dès 1990, de très nombreux Juifs quittent l’ancienne Union Soviétique pour s’établir en Israël, en plusieurs vagues successives.

Au début, ces vagues sont constituées de Juifs sionistes qui parlent hébreu et ont développé un fort sentiment d’identité juive, durant toutes les années de répression qui ont précédé.

Peu à peu, d’autres causes provoquent leur départ : antisémitisme ou difficultés économiques par exemple.

On estime à plus de 750 000 Juifs (et parfois non-Juifs) le nombre de personnes issues de l’ancienne Union Soviétique qui s’installent en Israël durant cette période.

Ils forment aujourd’hui un peu plus de 13% de la population israélienne et constituent maintenant une part importante de la société du pays.

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La création de l’État d’Israël

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de Juifs qui émigrent vers la Palestine a beaucoup augmenté. Les populations arabes voient d’un très mauvais œil l’arrivée massive de ces Juifs. Des émeutes éclatent, des actes criminels ont lieu ; les gens s’affrontent violemment.

Les Anglais qui exercent un mandat sur la Palestine sont débordés et n’arrivent plus à gérer cette situation. Ils remettent leur mandat devant l’ONU (Organisation des Nations Unies) en mai 1947. Celle-ci décide d’examiner le problème et de proposer une solution.

Le 29 novembre 1947, la création d’un État juif à côté d’un État arabe est votée. 33 pays disent « oui », 13 « non » et 11 pays s’abstiennent.

Cette décision déclenche un enthousiasme immense chez les Juifs du monde entier. En revanche, dès le 30 Novembre 1947, les populations arabes font savoir à l’ONU qu’elles n’accepteront jamais la création d’un État juif. C’est ainsi que débute un long conflit ponctué de nombreuses guerres.

Le 14 mai 1948, alors que le mandat britannique s’achève, le nouvel État d’Israël est proclamé, à Tel-Aviv, par le Premier Ministre David Ben Gourion. Ce nouvel État est démocratique, égalitaire et porté par la volonté de vivre en paix avec ses voisins. L'État d'Israël compte alors 600 000 Juifs et 1 200 000 Arabes.

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La Seconde Guerre mondiale / La Shoah

En 1933, Adolf Hitler arrive au pouvoir en Allemagne. Il est le chef du parti nazi, un parti raciste et antisémite qui considère la race allemande (dite « race aryenne ») comme une race supérieure.

Dès 1935, il édicte des lois raciales, appelées « lois raciales de Nuremberg », dans lesquelles il exclut officiellement les Juifs de toute nationalité allemande et leur interdit l’accès à certaines professions.

En 1938, il annexe l’Autriche et les Juifs autrichiens subissent les premières violences physiques.

Dans la nuit du 9 au 10 Novembre 1938, a lieu la tristement célèbre « Nuit de Cristal » : les synagogues d’Allemagne sont brûlées, des commerces juifs saccagés, 91 Juifs sont assassinés et des milliers d’autres déportés.

En 1939, la Seconde Guerre mondiale est déclenchée par Hitler qui va occuper pratiquement toute l’Europe. Les premières persécutions massives ont lieu. Les Allemands font recenser tous les Juifs d’Europe et commencent à les arrêter brutalement et massivement.

Durant l’hiver 1940, les nazis décident de regrouper les populations juives de Pologne dans des quartiers exigus où les gens sont entassés dans des conditions inhumaines, privés de tout. On appelle ces lieux des « ghettos ». Beaucoup y meurent de faim, de maladie ou à cause des mauvaises conditions d’hygiène. Les autres finissent par être déportés ou exécutés.

Cependant, certaines personnes tentent de se révolter et de lutter, comme dans le ghetto de Varsovie où a lieu la révolte la plus célèbre du 19 avril au 16 mai 1943.

De 1940 à 1943, en Europe de l’Est, des communautés juives entières sont exterminées directement sur place par des « Einsatzgruppen » (unités mobiles d’extermination). On appelle cela la « Shoah par balles », qui a constitué la première phase de la Shoah, avec l’assassinat de plus d’un million de Juifs.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1942, une rafle a lieu à Paris, avec l’aide de la police française : la « Rafle du Vel d’Hiv ». 12 000 Juifs sont arrêtés, parqués puis enfermés dans un camp à Drancy. Dans de nombreux pays d’Europe, des rafles sont organisées. Les victimes sont entassées dans des wagons de marchandises ou des wagons à bestiaux pour être déportées vers des camps de concentration.

Le 20 janvier 1942 a lieu, à Wannsee, une réunion de tous les dignitaires nazis pour planifier l’extermination des Juifs d’Europe. Ils nomment cela « la Solution Finale ».

Des camps sont créés pour tuer massivement et rapidement : on appelle ces lieux des « camps d’extermination » (dont le plus grand et le plus terrible est Auschwitz-Birkenau). Ceux qui sont forts et valides travaillent dans des conditions inhumaines, dans le froid glacial, sans nourriture et meurent très vite. Les autres, vieillards, malades ou enfants sont directement tués dans des conditions barbares, par asphyxie, dans des pièces appelées « chambres à gaz ».

Certains se révoltent et prennent les armes pour résister contre ce mal absolu. Ils s’organisent, créent des réseaux et tentent de stopper les nazis. On appelle cela « la Résistance ». D’autres personnes, sans forcément appartenir à des réseaux de Résistance, sauvent des Juifs en risquant leur vie : on les appelle les « Justes parmi les Nations ».

Lorsque la guerre s’achève en mai 1945, la guerre a fait au total entre 40 et 60 millions de morts, dont 6 millions de Juifs.

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La déclaration Balfour

À la fin de l’année 1914, on dénombre environ 85 000 Juifs en Palestine. Ils bâtissent des communautés agricoles, appelées « kibboutz » ou « mochav », mais aussi des villes comme Tel Aviv, fondée en 1909.

La question d’un foyer national pour les Juifs se pose de plus en plus fortement.

Depuis la Première guerre mondiale, c’est l’Angleterre qui administre la Palestine : on appelle cela « le mandat britannique ».

Le 2 Novembre 1917, pour la première fois, le Ministre des Affaires étrangères anglais, Lord Arthur James Balfour, reconnaît le droit du peuple juif à un foyer national en Palestine dans une déclaration officielle : la déclaration Balfour.

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Naissance du sionisme

Lors de la dégradation du capitaine Dreyfus à Paris, le 5 Janvier 1895, un journaliste juif hongrois nommé Théodor Herzl (1860-1904), entend la foule crier « Mort aux Juifs ! », et comprend alors que les Juifs doivent prendre leur destin en main et se mettre à l’abri dans un foyer national.

Il rédige un petit livre intitulé Der Judenstaat (L’État des Juifs), dans lequel il imagine les grandes lignes du futur État juif. Le sionisme, qui était jusque-là un idéal religieux (le rêve du retour à Sion) devient alors un mouvement politique. Pour convaincre de son idéal toutes sortes de personnalités influentes, il entreprend de très nombreux voyages.

Le premier congrès sioniste a lieu en août 1897 à Bâle, en Suisse. Ce congrès marque une étape très importante dans l’histoire du sionisme car des résolutions concrètes y sont adoptées pour faire avancer le projet sioniste.

Herzl dira plus tard, à propos de ce congrès : « À Bâle, j’ai fondé l’État juif… si vous le voulez, ce ne sera pas qu’un rêve. »

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L’Affaire Dreyfus

Le 15 octobre 1894, le capitaine Alfred Dreyfus est arrêté. Ce haut gradé de l’armée française est soupçonné, à tort, d’espionnage pour le compte de l’Allemagne. Or, le capitaine Dreyfus est juif et une violente campagne antisémite est déclenchée dans la presse, accusant les Juifs de trahison.

Bien qu’il n’existe aucune preuve contre lui, Alfred Dreyfus est condamné à être exilé sur une île en Guyane appelée l’Île au Diable, où il subit un traitement inhumain.

Avant d’être exilé, Dreyfus est dégradé publiquement le 5 Janvier 1895, devant une foule immense qui réclame sa mort et profère des propos antisémites.

De nombreuses personnes s’affrontent autour de cette Affaire durant de très longues années. Des personnalités importantes, comme Émile Zola, prennent la défense d’Alfred Dreyfus : on les appelle les « dreyfusards ». Ceux-ci obtiennent que Dreyfus soit rapatrié en France en 1899 pour être  de nouveau jugé.

Mais ce n’est qu’en 1906 qu’il est reconnu innocent. Il est alors réintégré dans l’armée française et décoré de la Légion d’honneur.

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Les premières alyot

En 1870, une première école d’agriculture est fondée en Palestine : « Mikvé Israël ». Son créateur, Charles Netter - homme d’affaires et mécène français -, est soutenu par l’Alliance Israélite Universelle dont il est l’un des fondateurs (1860). Cette école se fixe une mission : enseigner aux enfants le travail de la terre.

Beaucoup d’historiens considèrent que la fondation de cette école marque une étape essentielle dans le retour des Juifs en terre d’Israël.

La création de l’État d’Israël est précédée par des vagues successives d’« alya » - c’est-à-dire des vagues d’émigration vers la terre d’Israël.

  • La première alya (1881-1890)

Monté sur le trône en 1881, le tsar Alexandre III désigne les Juifs comme responsables des problèmes économiques de la Russie et provoque de violentes vagues d’antisémitisme et des massacres appelés « pogroms » (« dévastations » en russe). De nombreux Juifs doivent fuir la Russie. Beaucoup partent vers l’Amérique ou l’Europe de l’Ouest, mais certains souhaitent partir s’installer sur la terre de leurs ancêtres. Ils déclenchent la première alya dont les immigrants fondent les premières implantations juives. Leurs conditions de vie sont extrêmement difficiles : maladies, pauvreté, travail sur une terre aride... Ils sont heureusement aidés financièrement par le baron Edmond de Rothschild. Ces premiers immigrants, qui viennent de villes russes et ne connaissaient rien à l’agriculture, reçoivent également l’aide de Mikvé Israël.

  • La seconde alya (1903-1914)

En 1903-1904, une nouvelle vague de pogroms en Russie provoque la deuxième alya, composée d’environ 40 000 immigrants juifs. Ils fondent les premiers kibboutz, à l’image de Degania, en 1909. Le KKL (Keren Kayémet Léisraël) est créé à cette époque. Il joue un rôle essentiel dans le travail de la terre, et l’aide matérielle aux femmes et hommes qui se consacrent au développement de l’agriculture.

  • La troisième alya (1919-1923)

Les troubles en Europe orientale qui suivent la Première guerre mondiale et la Révolution russe entraînent la troisième alya. Par ailleurs, la déclaration Balfour en 1917 soulève l’enthousiasme et incite de nombreux Juifs à partir en Palestine sans attendre.

D’autres vagues d’immigration suivront avant et après la Seconde Guerre mondiale, en provenance de différents pays d’Europe, puis des pays arabes.

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Les différents courants du judaïsme

Comment sont nés les différents courants du judaïsme ?

Au XIXe siècle, en Europe, les Juifs peuvent désormais devenir citoyens.

Auparavant, les juifs vivaient en communauté fermée, dans des quartiers juifs qui leur permettaient un mode de vie en conformité avec la halakha. Dès lors qu’on leur ouvre les portes de la société occidentale moderne, de nouvelles questions se posent. En effet, comment s’adapter au mode de vie de leurs voisins chrétiens tout en conservant leur identité juive ?

Beaucoup de Juifs souhaitent s’intégrer pleinement dans la société moderne.

Un certain nombre de juifs abandonnent le judaïsme pour entrer dans la vie civile.

L’assimilation signifie le fait d’adopter la culture environnante, exclusivement.

Un certain nombre de questions se posent :

- L’entrée dans un mode de vie moderne / Participer à la vie de la société : en exerçant des métiers comme celui de médecin, en faisant une carrière par exemple militaire, peut-elle être compatible avec la pratique des mitsvot, comme celle du Chabbat* ?

- Les domaines des sciences, de l’Histoire et de l’archéologie font, à cette époque, des bonds en avant. Par exemple, on peut dater avec précision des vestiges aussi vieux que la Bible. Comment concilier une étude de ces domaines scientifiques, tout en conservant ses croyances fondée sur les textes de la Torah* et du Talmud* ?

- L’égalité entre les personnes, notamment entre les femmes et les hommes, progresse. Comment mettre en oeuvre cette égalité en tenant compte de la Halakha* ?

- L’importance de la loi juive par rapport à la loi civile : Par quel moyen les Juifs pourront-ils suivre les règles dictées par la Halakha dans les pays où ils résident ?

- L’aspiration à retourner à Sion ou sionisme : Comment les Juifs vont-ils exprimer cet attachement fort à la Terre promise aux patriarches* depuis les pays où ils se trouvent ?

Beaucoup d’autres juifs vont chercher les moyens de concilier la pratique du judaïsme avec le mode de vie moderne.  

  • Le courant ‘Harédi  (« Craignant-Dieu »), qui se situe essentiellement en Europe de l’Est et refuse toute intégration et toute adaptation à la société civile. L’attachement aux traditions ancestrales y est très présent. C’est pourquoi aujourd’hui encore, certains ‘harédim s’habillent à la manière du XVIIIe siècle.

On les appelle parfois les ultra-orthodoxes.

  • Le courant  ‘hassidique, auquel est apparenté le mouvement Loubavitch ('Habad), très présent en France :

voir l'article https://www.e-talmud.com/reperes-chronologiques/content/hassidisme.

  • Le judaïsme libéral

Au XIXe siècle, certains rabbins décident de réformer le judaïsme pour selon eux être mieux adapté à la vie occidentale moderne. Le mouvement libéral considère que la loi juive doit s’adapter à l’époque moderne et que les valeurs juives sont plus importantes que la halakha. La première synagogue libérale est fondée en Allemagne, à Hambourg, en 1818, et en France en 1907, à Paris, rue Copernic.

Dans ces synagogues, les hommes et les femmes peuvent prier côte à côte. La première femme rabbin, Regina Jonas, est ordonnée en 1935.

Une partie des offices est dans la langue du pays, les offices sont plus courts et certaines prières sont modifiées, et les instruments de musique sont autorisés le Chabbat.

Aujourd’hui, le judaïsme libéral existe dans beaucoup de pays. C’est le courant majoritaire aux Etats-Unis (en anglais Reform ou Progressive Judaism).

  • Le judaïsme orthodoxe moderne

Le rabbin allemand Samson Raphaël Hirsch fondent le mouvement orthodoxe moderne au milieu du XIXe siècle. Il pense que les Juifs peuvent participer à la vie moderne tout en restant fidèle à la halakha.

Les orthodoxes s’habillent à la mode occidentale et s’intègrent à la société. Mais aucun changement n’est fait dans les synagogues : les femmes et les hommes sont séparés, les offices sont entièrement en hébreu et les offices n’ont aucune modification.

Aujourd’hui, le courant orthodoxe connaît une grande diversité de pratiques. Par exemple, les néo-orthodoxes (en anglais Modern Orthodox) acceptent que les femmes lisent dans la Torah.

  • Le judaïsme massorti

Le judaïsme massorti naît en Allemagne au XIXe siècle sous l’impulsion du rabbin Zacharias Frankel qui s’oppose à la fois aux libéraux et aux orthodoxes sur leur vision de la halakha. Pour lui, la halakha n’est pas un bloc immuable qu’il faudrait réformer ou préserver. Le judaïsme a toujours évolué avec l’Histoire. Il pense que la halakha doit rester centrale et qu’il est possible de faire des adaptations en conformité avec le débat talmudique. Par exemple, le statut de la femme a évolué dans les synagogues massorties et la première femme rabbin a été ordonnée en 1985 aux Etats-Unis.

Le judaïsme massorti se développe surtout aux États-Unis à partir de 1886 sous le nom de « Conservative Judaism ».

En France, le mouvement massorti est introduit en 1980, avec la communauté Adath Shalom (à Paris).

histoire
Émancipation des Juifs de France

Avant la Révolution française, les Juifs n’avaient pas les mêmes droits que les autres. Dans beaucoup de pays d’Europe, ils vivaient dans des communautés fermées et ne participaient pas à la vie publique.

En 1791, deux ans après la Révolution, les Juifs de France deviennent des citoyens à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que tous les autres citoyens. On appelle cela l’Émancipation des Juifs.

Par la suite, Napoléon Bonaparte impose l’Émancipation dans tout son Empire.

histoire
1750 : L’Encyclopédie de Diderot
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Le ’Hassidisme

Au cours du XVIIIe siècle, le judaïsme d’Europe de l’Est subit lui aussi de grands bouleversements. Beaucoup de Juifs quittent le monde des yéchivot, qui leur paraît trop austère ; d’autres se sentent mis de côté parce qu’ils ne souhaitent pas consacrer leur vie entière à l’étude.

Le ’Hassidisme naît de cette rupture. Il propose de vivre un judaïsme qui n’est pas centré uniquement sur l’étude. Désormais, le chant, la prière, les danses, le temps consacré à autrui sont des valeurs mises en avant. Les ’hassidim portent de grands chapeaux en fourrure, appelés « shtreimel », de grands manteaux (souvent noirs), une ceinture à la taille et des bas blancs.

En 1775, en Russie, le Rabbi Shnéour Zalman de Liadi crée le mouvement ’Habad, le plus célèbre courant ’hassidique. Il estime que la pratique stricte des mitsvot de tous les Juifs permettra la venue du Messie.

histoire
La Haskala

En Europe, le XVIIIe siècle est appelé le siècle des Lumières. Les philosophes et les savants ont l’ambition de faire sortir les gens des idées obscurantistes du Moyen Âge pour les guider vers plus de connaissances, d’esprit critique, d’égalité politique et sociale.

En France et surtout en Allemagne, certains Juifs souhaitent participer aux progrès du siècle des Lumières et en faire profiter leur communauté. En effet, à cette époque, les Juifs vivent dans des communautés plus ou moins fermées et n’ont que peu de contacts avec la société environnante.

Le mouvement juif des Lumières est appelé « Haskala », ce qui signifie « connaissance », « éclairage ». Il est porté par le philosophe juif allemand, Moses Mendelssohn (1729-1786). Son objectif est de moderniser la vie juive et de concilier la pratique du judaïsme avec les avancées du monde moderne.

histoire
Rédaction du Choul’han Aroukh

Depuis qu’il a été achevé, au VIe siècle, le Talmud sert de référence à toutes les communautés juives, à travers le monde, pour la vie juive. Mais le Talmud est très vaste et regroupe toutes sortes de textes (des discussions et des décisions parfois contradictoires sur les lois, des histoires et des biographies de rabbins). Il devient de plus en plus difficile de tout connaître.

Entre le XIIe siècle et le XVIe siècle, d’illustres rabbins tentent d’écrire des ouvrages qui regroupent uniquement les décisions de loi - Maïmonide, par exemple, fait partie de ces rabbins et rédige le « Michné Torah ».

En 1533, le rabbin Joseph Caro, à Safed (en Haute Galilée), entreprend la rédaction d’un ouvrage, le Choul’han Aroukh (qui signifie « la table dressée », pour faire allusion à une table où tout est disposé, prêt à être utilisé, comme pour ce code de lois) qui regroupe toutes les lois religieuses du judaïsme, à l’exception des lois concernant le Temple de Jérusalem. Cet ouvrage immense a été achevé en 1565.

Très rapidement, l’ouvrage devient une référence pour les Juifs du monde entier qui le consultent pour toutes les décisions à prendre concernant la vie juive et continuent à l’étudier.

En Europe, un autre rabbin, Moïse Isserles de Cracovie (Pologne), dit le RÉMA, s’apprête à finir la rédaction d’un ouvrage semblable et décide finalement de ne pas le publier et d’ajouter au Choul’han Aroukh ses propres commentaires destinés aux communautés ashkénazes. On nomme ce commentaire la « Mappa » (« nappe », en français, pour faire allusion à la table dressée).

histoire
Expulsion des Juifs d’Espagne et du Portugal

L’Espagne et le Portugal sont reconquis par les Chrétiens entre le XIe et le XVe siècle. De nombreux Juifs sont alors convertis de force au catholicisme. Mais nombre d’entre eux continuent à pratiquer le judaïsme en cachette : ils sont appelés crypto-juifs ou marranes.

À partir du XVe siècle, les rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, instaurent l’Inquisition pour imposer la religion catholique. Les marranes sont arrêtés, jugés et souvent brûlés ! Finalement, en 1492, Isabelle et Ferdinand signent un édit obligeant tous les Juifs à quitter l’Espagne. Le roi du Portugal en fait de même en 1496.

histoire
Les Croisades (XIe-XIIe s.)

Les Croisés sont des Chrétiens venus d’Europe pour prendre Jérusalem aux Musulmans car c’est là que se trouve le tombeau de Jésus. Ils conquièrent Jérusalem en 1099. Ils massacrent et chassent les habitants juifs et musulmans, puis fondent le royaume latin de Jérusalem. Mais les Musulmans reprennent la ville en 1185.

Les Croisades sont une période douloureuse pour les Juifs d’Europe car les Croisés pillent les communautés juives qui se trouvent sur leur chemin. Il faut savoir qu’au Moyen Âge, dans les pays chrétiens, les Juifs n’ont pas les mêmes droits que les autres.

C’est aussi à cette époque que a vécu Rachi - רַשִׁ"י -, un grand commentateur de la Torah et du Talmud.

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L’âge d’or du judaïsme espagnol (VIIIe-XIIe s.)

Entre le VIIIe et le XIIe siècle, l’Espagne et le Portugal sont sous domination musulmane. À cette époque, la péninsule ibérique devient une région très dynamique à la fois sur le plan commercial, culturel et scientifique.

La plupart du temps, les différentes communautés religieuses y vivent en bonne entente et les Juifs participent pleinement à la vie politique et aux progrès culturels et scientifiques.

De grands commentateurs de la Torah et du Talmud vivent en Espagne à cette époque et ils sont souvent également philosophes, médecins, astronomes ou poètes… Le plus célèbre d’entre eux est Maïmonide, connu sous l’acronyme Rambam - רַמְבַ"ם.

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La terre d’Israël sous domination musulmane

La religion musulmane, appelée islam, naît en 622 en Arabie. En quelques dizaines d’années, les Musulmans conquièrent une partie de l’Asie et de l’Afrique, et même l’Espagne.

En 638, la terre d’Israël est également conquise. Jérusalem devient alors une ville sainte pour les Musulmans avec la construction de la mosquée Al-Aqsa, à l’emplacement du Temple détruit.

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L’hégire et les débuts de l’islam
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312 : l’empereur Constantin se convertit au christianisme
histoire
Rédaction du Talmud

Après la révolte de Bar Kokhba, les Sages du Sanhédrin se réfugient plus au nord, en Galilée. Conscients que la situation des Juifs est fragile et que la Torah orale risque d’être à jamais perdue, ils décident de la mettre par écrit. Ce travail de collecte, de rédaction et d’organisation est dirigé par Rabbi Juda Hanassi et achevé au début du IIIe siècle. L’œuvre produite s’appelle la Michna - מִשְנָה.

Une longue période succède à la rédaction de la Michna, durant laquelle les Sages rédigent le commentaire élargi de la Michna : la Guemara - גְּמָרָא -, dont la rédaction s’achève au VIe siècle. Elle est rédigée dans deux lieux différents : en Galilée et à Babylone, où vit une grande communauté juive.

La Michna et la Guemara forment le Talmud - תַּלְמוּד.

histoire
La révolte de Bar Kokhba

En 130 après J.-C., l'empereur romain Hadrien ordonne la construction, sur les ruines de Jérusalem, d'une cité romaine avec un temple dédié à Jupiter. Deux ans plus tard, il promulgue une loi interdisant la circoncision.

Une révolte éclate alors, elle est dirigée par un homme nommé Simon ben Kosiba, surnommé Bar Kokhba : « Fils de l'étoile ». Les Juifs se battent avec acharnement contre la très puissante armée romaine, mais Hadrien envoie des renforts et met fin à la révolte en 135.

Pour prévenir toute nouvelle révolte, Hadrien chasse tous les Juifs de Jérusalem et y fait construire une cité romaine. De plus, il renomme la terre d’Israël Palæstina (Palestine), mot dérivé du nom grec des Philistins.

histoire
Le Sanhédrin

La destruction du Temple est un évènement tragique pour les Juifs, non seulement à cause des massacres et des déportations massives, mais également parce que le culte juif était totalement centré sur le Temple. Heureusement, déjà avant la destruction du Second Temple, un groupe de rabbins appelés Pharisiens a compris que la religion juive est faite pour évoluer. Ils pensent que le judaïsme peut s’adapter aux aléas de l’Histoire en se recentrant sur l’étude des textes et sur la prière.

Ils entreprennent de constituer des lieux d’étude à l’extérieur de Jérusalem, et en particulier à Yavné, où ils reconstituent une ancienne institution appelée Sanhédrin - סַנְהֶדְרִין -, composée de Sages chargés de réorganiser la vie religieuse. Ces Sages discutent de la façon d’interpréter les lois bibliques pour les appliquer dans la vie quotidienne. Leurs décisions constituent la loi orale ou Torah orale.

histoire
Destruction du Second Temple et début du Second exil

Après le règne d’Hérode, la situation des Juifs en Judée se dégrade face au pouvoir romain. Les révoltes se succèdent et différents groupes religieux et/ou politiques se disputent sur la façon dont le peuple juif doit continuer à exister et à résister au pouvoir romain.

En 70 après J.-C., l’armée romaine dirigée par Titus entre dans Jérusalem pour mettre fin à une grande révolte. La ville est saccagée, les Juifs massacrés et le Temple détruit. La majorité de la population est déportée vers Rome et réduite à l’esclavage.

La date de la destruction du Temple - le 9 Av dans le calendrier hébraïque - est encore aujourd’hui un jour de deuil pour les Juifs, commémoré par un jeûne.

histoire
Naissance du christianisme

En Judée, au Ier siècle, les troubles sont nombreux : les Romains administrent la Province de manière autoritaire et les Juifs sont séparés quant à la façon de se comporter vis-à-vis des Romains et quant à la façon de pratiquer le culte juif. De nombreux mouvements politiques et religieux se développent.

C’est dans ce contexte qu’apparaît Jésus (Yehoshua) de Nazareth, un Juif de Galilée qui appelle à la repentance et encourage le peuple à devenir meilleur. Il suscite des querelles et attire à lui un certain nombre de partisans, appelés « les Apôtres ». Son activité inquiète les prêtres juifs et les dirigeants romains. Ces derniers décident de le mettre à mort en le crucifiant.

Les disciples de Jésus croient alors qu’il a ressuscité et qu’il est le fils de Dieu. Ils entreprennent de propager sa parole, en particulier Paul de Tarse (nommé Saül à l’origine). On le nomme alors le « Christ », qui signifie en grec le Messie, car ses partisans reconnaissent en lui un sauveur.

Les Apôtres constituent les Évangiles (les textes dans lesquels sont consignés les enseignements de Jésus). Ils fondent une nouvelle religion, le christianisme, et sont dans un premier temps pourchassés et persécutés par les Romains. Mais, vers l’an 312, l’empereur Constantin se convertit au christianisme et à partir de ce moment, la religion chrétienne est autorisée et progresse rapidement. Elle devient la première religion en Occident.

histoire
Domination romaine

En 63 av. J.-C., l’armée romaine dirigée par le général Pompée prend le contrôle de la Judée qui devient un protectorat romain et doit désormais payer un impôt à Rome.

En 37 av. J.-C., les Romains nomment Hérode - הוׂרְדוׂס -, roi de Judée. Hérode est un Juif qui a réussi à se lier d’amitié avec les empereurs romains, mais il s’avère être un roi tyrannique et cruel. Il est également un grand bâtisseur et il entreprend de très grands travaux en Judée. Il fait notamment agrandir le Temple de Jérusalem et l’entoure d’un grand mur d’enceinte dont le Mur des Lamentations est un vestige.

À la mort d’Hérode, en l’an -4, la Judée devient une Province administrée par les Romains.

histoire
La dynastie Hasmonéenne

Au IIe siècle avant Jésus-Christ, le tyran séleucide Antiochus IV Épiphane, qui veut imposer la religion et la culture grecques, fait interdire la pratique du judaïsme. Le Temple de Jérusalem est alors dédié à Zeus.

L’insurrection des Maccabées, dirigée par Juda Maccabée, permet la libération de Jérusalem et la nouvelle inauguration du Temple en -164. La Judée redevient alors un État indépendant. Les descendants de la famille de Juda Maccabée fondent la dynastie des Hasmonéens, qui règnent jusqu’à la conquête romaine en -63.

La victoire des Maccabées est célébrée lors de la fête de ’Hanouka.

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Domination grecque

Entre 335 et 323 av. J.-C., Alexandre le Grand, roi de Macédoine, parvient à conquérir une large partie du bassin méditerranéen et toute la Mésopotamie jusqu’aux confins de l’Inde. Parmi les territoires conquis se trouve la Judée.

Alexandre laisse aux Juifs la liberté de vivre selon leurs principes et de pratiquer leur religion, en échange du paiement d’un impôt qui finance une partie de ses conquêtes.

À sa mort (alors qu’il n’a que 32 ans !), il laisse un immense empire que ses généraux se partagent. La Judée se trouve sur le territoire gouverné par Ptolémée qui inclut aussi l’Égypte. Les juifs de Judée conservent leur liberté de culte.

Mais en -200, la Judée est conquise par les Séleucides, qui sont les descendants de Séleucos, un autre général d’Alexandre le Grand. Les Séleucides, d’origine grecque, souhaitent voir la culture grecque se répandre dans tout leur empire.

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Ezra et Néhémie

Ezra - עֶזְרָא - est un scribe et un prêtre qui arrive de Perse à Jérusalem vers -458 pour réorganiser la vie juive en Judée. Il vient avec quelques milliers de Juifs et un rouleau de la Torah dont il institue la lecture publique hebdomadaire.

Il est rejoint quelques années plus tard par Néhémie - נֶחֶמִיָה - dont le rôle est de réorganiser la vie politique de la Province.

Ils prennent tous deux des mesures efficaces pour que le pays se redresse et pour que la vie religieuse autour du Second Temple retrouve tout son sens.

Enfin, Néhémie entreprend notamment de construire une muraille de protection autour du Temple.

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Retour à Sion et reconstruction du Second Temple de Jérusalem

En 538 avant J.-C., le roi perse Cyrus promulgue un décret dans lequel il autorise tous les Juifs à retourner en terre d’Israël et à y reconstruire le Temple à Jérusalem. Un groupe d’environ 49 000 Juifs prend le chemin du retour vers Sion. Mais beaucoup restent à Babylone : ils constituent la première grande diaspora.

Zorobabel - זְרוּבָבֵל -, descendant des rois de Juda, est nommé gouverneur par Cyrus pour administrer la terre d’Israël, appelée désormais la Judée, qui devient une Province autonome dans l’empire Perse.

Les travaux de construction du Second Temple commencent en -520 et l’inauguration a lieu en -516. Le Temple ressemble au Temple de Salomon mais n’en a pas la splendeur. Les objets saints sont remis à leur place, sauf le Saint des Saints, qui autrefois contenait l’Arche d’Alliance avec les Tables de la Loi qui n’ont pu être retrouvées !

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Les Perses

En 539 avant J.-C., Babylone est conquise par l’immense empire perse. La terre d’Israël et tous les Juifs qui ont été déportés dans l’empire babylonien se retrouvent désormais sous domination perse, jusqu’à la conquête de l’empire perse par Alexandre le Grand en -336. D’importantes communautés juives vivent alors à Babylone et à Suze, capitale de l’empire perse.

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Destruction du Temple de Jérusalem et exil de Babylone

En 586 avant J.-C., le puissant empire babylonien du roi Nabuchodonosor assiège Jérusalem. La ville est détruite, le Temple brûlé, des milliers de personnes sont assassinées et beaucoup emmenées captives en Babylonie.

Cet événement marque un changement très profond dans la vie des Juifs. C’est l’un des plus tristes moments de leur histoire et il est commémoré encore aujourd’hui lors du jeûne de Ticha Be-Av.

Un texte très émouvant nous permet de comprendre le chagrin de ces hommes et femmes sur le chemin de l’exil. C’est le Psaume 137, dans le Livre des Psaumes :

« Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes, et nous pleurâmes au souvenir de Sion. Aux saules qui les bordent, nous suspendîmes nos harpes ; car là nos maîtres nous demandaient des hymnes, nos oppresseurs des chants de joie. "Chantez-nous [disaient-ils], un des cantiques de Sion ! "Comment chanterions-nous l’hymne de l’Éternel en terre étrangère ? Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies ! … »

Le Livre du prophète Daniel (dans la troisième partie du Tanakh) contient de précieuses indications sur les conditions de vie des Juifs durant la captivité de Babylone. En effet, arrivés dans des conditions lamentables, ils ont été employés aux travaux de construction des Babyloniens et leurs déplacements sont limités. Mais, à la mort de Nabuchodonosor les conditions de vie s’améliorent.

histoire
Les Prophètes

Durant toute la période du Premier Temple, les rois ne sont pas les seuls dirigeants du peuple. Ils s’occupent des affaires économiques et militaires du pays mais ils sont rarement des modèles pour le peuple, en particulier pour ce qui concerne la fidélité à la Torah.

Ainsi les Prophètes - Néviim נְבִיאִים - jouent le rôle de dirigeants religieux et de contre-pouvoir politique. Ils mettent souvent en garde le peuple contre l’abandon des commandements divins, mais aussi contre l’abandon des valeurs d’amour du prochain et de justice préconisées par la Torah.

Les principaux prophètes sont :

  • Elie (Eliyahou) - אֱלִיָהוּ

Le prophète Elie s’adresse souvent aux rois et au peuple du royaume d’Israël, les mettant en garde contre l’idolâtrie. Il n’a pas été écouté et a même parfois été pourchassé. Il s’adresse également aux rois du royaume de Juda.

La tradition juive accorde une importance toute particulière à ce grand prophète à qui l’on attribue une place symbolique à différents moments de la vie juive, comme le jour de la circoncision (brit mila), pendant le séder de Pessa’h, ainsi qu’à la fin de Chabbat, tous les samedis soirs, lors de la cérémonie de la havdala.

  • Isaïe (Yechayahou) - יְשַעיָהוּ

Le prophète Isaïe connaît de nombreux rois, en particulier dans le royaume de Juda. Il dénonce avec force le manque de justice (surtout vis-à-vis des plus faibles), l’idolâtrie et l’hypocrisie. Ses textes sont lus à de nombreuses reprises durant l’année et certains passages font partie de la liturgie juive.

Le livre qui porte son nom n’a certainement pas été entièrement rédigé par lui-même et contient des textes d’un auteur ultérieur. Mais les messages de ces texte sont assez proches, c’est pour cela que les sages les ont regroupés dans le même livre.

  • Jérémie (Yirmiyaou) - יִרְמִיָהוּ

Le prophète Jérémie a vécu et prophétisé durant les dernières années de l’existence du royaume de Juda. Il comprend que les conséquences seront dramatiques pour le peuple si le Temple est détruit et il met en garde les rois de Juda à de nombreuses reprises.

Il reproche aux rois et au peuple l’adoration des idoles et leur infidélité à la Torah. Il cherche également à prévenir les rois de la tentation de mener des rebellions contre Babylone. Il pense que puisque Babylone ne peut être vaincue, il vaut mieux patienter, tout en restant fidèle aux valeurs juives. Mais il n’est pas écouté et doit fuir en Égypte.

Il compose un rouleau dans lequel il raconte la destruction du Temple et le massacre des innocents. Ce rouleau est lu le soir du jeûne de Ticha Be-Av dans les synagogues.

  • Ezéquiel (Yé’hézkiel) - יֶחֱזְקְאֶל

Le prophète Ézéchiel a vécu la tragédie de la destruction du Temple loin de Jérusalem car il a été exilé par Nabuchodonosor avant ces événements tragiques. Il raconte dans son livre ses nombreuses visions, en particulier celles qui évoquent la renaissance du peuple juif qu’il décrit de manière très impressionnante. Ses textes sont lus à de nombreuses occasions à la synagogue, par exemple, le dernier jour de Pessa’h.

  • Jonas (Yona) - יוׂנָה

Le prophète Jonas possède un statut à part dans la Bible : il refuse d’obéir aux ordres de Dieu.

Alors que Dieu lui ordonne de se rendre à Ninive, capitale d’Assyrie, pour annoncer à ses habitants la destruction de leur ville, Jonas refuse. À cette époque, l’Assyrie est l’un des pires ennemis d’Israël.

Il tente alors de s’enfuir et embarque sur un navire.

Dieu, mécontent, provoque alors une énorme tempête. Les marins du bateau se rendent compte que cette catastrophe est l’œuvre de Dieu et que l’un des passagers est certainement responsable de la colère divine. Pour le découvrir, ils décident de tirer au sort : Jonas est désigné et jeté par-dessus bord.

En pleine mer, un gros poisson l’avale. Dans le ventre du poisson, Jonas implore Dieu qui, après trois jours et trois nuits, ordonne au poisson de recracher Jonas.

De nouveau sur terre, Jonas comprend son erreur et se rend à Ninive pour prévenir les habitants de leur fin proche. Contrairement à ce qu’il pensait, les habitants l’écoutent avec attention et décident de se repentir. Dieu décide donc de revenir sur  sa décision et de sauver les habitants.

En agissant ainsi, Dieu tente de faire comprendre à Jonas que les habitants de Ninive méritent une seconde chance.

Le jour de Kippour, le livre de Jonas est lu intégralement comme haftara. Son livre raconte son histoire et sa difficulté à comprendre que Dieu accorde plus facilement le pardon que les êtres humains.

histoire
Le royaume de Juda

Le royaume de Juda, beaucoup plus petit que le royaume d’Israël, est établi au Sud du pays. La dynastie fondée par le roi David conserve le trône jusqu’à la destruction du royaume en -586. Le Temple de Jérusalem demeure le centre cultuel de ce royaume, qui occupe le territoire des tribus de Juda et de Benjamin.

En 586 avant J.-C., les Babyloniens, avec à leur tête Nabuchodonosor, envahissent le royaume, déportent les habitants en Babylonie et détruisent le premier Temple de Jérusalem.

Privé de Temple et de pays, le peuple juif doit s’adapter : la vie juive est désormais très différente.

Les principaux rois du royaume de Juda sont :

  • Roboam, fils de Salomon - רְחַבְעָם

Lorsque Roboam succède à Salomon, il augmente les impôts et les corvées que son père avait déjà mis en place sans écouter les conseils des anciens. Les 10 tribus du nord d’Israël ne veulent pas qu’il règne sur eux et le chassent. Il devient donc roi du royaume de Juda.

  • Ezéchias (’Hizkiyaou) - חִזְקִיָהוּ

Les textes le qualifient de juste car c’est un roi fidèle à la Torah et épris de justice. Il développe le commerce et l’agriculture. Il fait fructifier le trésor royal et crée des villes fortifiées. Il fait acheminer l’eau potable en créant un tunnel sous la cité de David (qui a été retrouvé à Jérusalem et que l’on peut explorer aujourd’hui !). Durant son règne, il accueille de nombreux réfugiés venus du royaume d’Israël détruit par les Assyriens.

  • Manassé (Manaché) - מְנָשֶה

Manassé est décrit par la Bible comme un roi impie et méchant. Il rétablit le culte idolâtre qui a été banni du royaume de Juda et les textes le décrivent comme un très mauvais roi.

  • Josias (Yochiyaou) - יְאוׂשִיָהוּ

Juste après sa nomination, Josias apprend par les prophètes que Dieu a annoncé la destruction du royaume de Juda si ses habitants s’obstinent à ne pas respecter la loi de Moïse. Il fait tout son possible durant son règne pour demeurer fidèle à la Torah et les textes le décrivent comme le roi le plus exemplaire !

  • Sédécias (Tsidkiyaou) - צִדְקִיָהוּ

Sédécias est le dernier des rois de Juda car, durant son règne, Jérusalem est détruite, le Temple brûlé et le peuple déporté. Lui-même est déporté en Babylonie comme un vulgaire esclave. On associe toujours son histoire à celle du premier exil du peuple juif.

  • Les autres rois du royaume de Juda sont : Aviyam, Assa, Josaphat, Joram, Akhasia, Athalie, Joas, Amatsia, Ouzia, Yotam, Akhaz, Amon, Yoakhaz, Joakim, Yéchonia.
histoire
Le royaume d'Israël

Le royaume d’Israël fut établi sur le territoire des dix tribus du Nord. De nombreuses dynasties se succédèrent sur le trône et le royaume connu peu de stabilité politique pendant ses deux siècles d’existence. Il fut détruit en -722 par les puissants Assyriens, qui déportèrent une partie de ses habitants vers des contrées lointaines et installèrent, à leur place, des peuples étrangers. Sur l’ancien territoire d’Israël, une nouvelle peuplade prit racine : les Samaritains. On perdit la trace des 10 tribus d’Israël.

Les principaux rois du royaume d’Israël sont :

  • Jéroboam (Yarovam) – יָרָבְעָם

Premier roi du royaume d’Israël, il entraîne les tribus dans l’idolâtrie, et les sages disent de lui qu’il a semé beaucoup de discordes (son prénom Yarovam vient d’ailleurs de la racine « Y.R.V » qui signifie « dispute » en hébreu).

  • Omri -עׂמְרִי

Le règne d’Omri est marqué par la paix avec le royaume de Juda, avec ses voisins et les peuples de la région : Sidoniens et Phéniciens. Il fait de Samarie la capitale du royaume. Son règne permet de connaître une grande prospérité économique. Il fonde une dynastie de rois d’Israël appelée les Omrides.

  • Achab (A’hav) - אֲחְאֲב

Son règne est marqué par l’établissement du culte de Baal dans tout le royaume, culte idolâtre qui appartient en réalité à la culture de sa femme Jézabel, une princesse phénicienne. Il persécute durant de longues années le prophète Elie, l’obligeant à fuir et à se cacher à plusieurs reprises.

  • Yehu (Yehou) - יְהוּא

La Bible le considère comme le roi du royaume d’Israël le plus attaché à la Torah et celui qui a combattu l’idolâtrie avec le plus de force par la destruction des lieux de culte idolâtre.

  • Les autres rois du royaume d’Israël sont Nadab (Nadav), Basha, Ela, Zimri, Achasia (Ahazia), Joram (Yoram), Joachaz (Yéoyahaz), Joas (Yoach), Jéroboam II (Yarovam), Zacharie (Zéharia), Shallum (Chaloum), Ménahem, Péqahia, Péqah.
histoire
La division du royaume

Après la mort du roi Salomon - שְלׂמׁה -, son fils Roboam - רְחַבְעָם - doit faire face à une révolte menée par un ancien fonctionnaire nommé Jéroboam - יָרָבְעָם. Jéroboam se fait proclamer roi par dix des douze tribus d’Israël, qui occupent la partie nord de la terre d’Israël : Éphraïm, Ruben, Dan, Gad, Acher, Zébulon, Simon, Naftali, Issachar et Ménassé. Il fonde le « Royaume d'Israël », avec comme capitale Sichem puis Samarie.

Roboam est reconnu comme roi uniquement par les tribus de Juda et de Benjamin ainsi que par les Lévites (les prêtres de la tribu de Lévi) officiant au Temple de Jérusalem. Son royaume, dans la partie sud du pays, prend le nom de sa plus grande tribu : Juda. La capitale du royaume de Juda était Jérusalem.

Les deux royaumes coexistèrent pendant deux siècles : de -931 à -722, date de la destruction du royaume d’Israël par l’armée assyrienne.

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Salomon

Salomon - שְלׂמׁה -, fils du roi David -דָוִד  -, monte sur le trône très jeune. Il prie Dieu de lui donner un « cœur intelligent » pour diriger le peuple. Sa prière plaît à Dieu qui lui accorde l’intelligence, la richesse et une longue vie.

Il commence son règne en construisant le Temple de Jérusalem, appelé en hébreu Beit Hamikdach –בֵּית הַמִּקְדָּשׁ . Cette magnifique construction devient le lieu de culte et de rassemblement de tout le peuple. Le Temple est inauguré à la fin du Xe siècle avant J.-C.

Durant le règne de Salomon, le pays connaît une grande prospérité économique et une époque de paix. Salomon édifie des villes fortifiées et le commerce en mer se développe. Mais toutes ces réalisations ont également coûté cher et le peuple, qui doit payer de lourds impôts, est mécontent. À la mort de Salomon, une rébellion mène à la division du royaume.

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David

Alors que le roi Saül  שָאוּל - règne encore, Dieu désigne David - דָוִד - pour lui succéder. David est le plus jeune des sept fils de Jessé. Il est berger et poète, et joue magnifiquement de la harpe.

La terre d’Israël est alors en partie occupée par les Philistins qui cherchent à conquérir tout le territoire. Un jour, un Philistin gigantesque nommé Goliath propose à l’armée des Israélites de se battre avec l’un d’entre eux. David, qui est pourtant de petite taille, est le seul à oser relever le défi. Il s’avance courageusement et, avec sa fronde, lance un gros caillou sur le front de Goliath qui meurt sur le coup.

David est reconnu comme un grand guerrier. Il devient ami avec Jonathan – יְהוֹנָתָן, le fils de Saül et épouse la fille de Saül, Mikhal – מִיכַל.

Quelques temps plus tard, Saül et Jonathan meurent sur le champ de bataille et David devient roi.

Il conquiert la ville de Jérusalem et s’installe dans une forteresse, alors nommée « la Cité de David ».

La fin de son règne est marquée par des moments parfois difficiles : des conflits entre ses enfants, mais aussi des erreurs qu’il commet lui-même : il épouse de nombreuses femmes, dont Bethsabée  - בַּת שֶׁבַע- avec qui il a un fils, Salomon - שְלׂמׁה.

Son règne dure 40 ans et il choisit Salomon pour prendre sa succession, comme il l’a promis à sa femme Bethsabée.

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Saül

Lorsque Samuel - שְמוּאֶל - devient âgé, le peuple demande à être gouverné par un roi, comme dans les pays voisins, pour assurer plus de stabilité. Sur l’ordre de Dieu, Samuel se rend dans la tribu de Benjamin et choisit Saül comme roi.

Saül - שָאוּל - est un homme vaillant et il constitue une véritable armée, composée pour la première fois d’hommes de toutes les tribus d’Israël. Il a de nombreuses victoires militaires.

Cependant, il montre des signes de folie. Samuel lui annonce alors que ses fils ne lui succèderont pas sur le trône.

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Les Juges

Après la mort de Josué, les tribus d’Israël vivent une grande période d’instabilité : les peuples voisins (Cananéens, Madianites, Philistins, Amoréens, Moabites...) les attaquent régulièrement.

À cette époque, les tribus sont gouvernées par des Juges - שוׂפטִים - qui tentent les uns après les autres d’apporter la paix et d’empêcher le peuple d’adopter les cultes idolâtres pratiqués par leurs voisins.

Les principaux Juges qui dirigent le peuple à cette période sont :

  • Déborah (Devorah) - דְבוׂרָה

Déborah est juge, prophétesse et chef militaire. Elle rend la justice sous un palmier appelé « le palmier de Déborah ». Elle est vainqueur de la terrifiante armée cananéenne et le pays connaît la paix jusqu’à sa mort.

  • Gédéon (Guidéon) - גִדְעוׂן

Gédéon recrute 300 guerriers – ce qui est très peu – et utilise une ruse pour vaincre la puissante armée des Madianites. Il équipe chacun des guerriers de chofar, d’une torche cachée dans une cruche et, en pleine nuit et par surprise, il fait briser les cruches, sonner le chofar et enflammer le camp ennemi, ce qui provoque une telle terreur que les guerriers Madianites s’enfuient. Il débarrasse, pour de longues années, la terre d’Israël de ses ennemis.

  • Samson (Chimchon) - שִמְשוׂן

Samson est un Nazir, c’est-à-dire un homme consacré à Dieu dont la chevelure n’a jamais été coupée. Il possède une force impressionnante : il a réussi à tuer un lion à mains nues ! Il combat les puissants Philistins toute sa vie. Trahi par Dalila, une Philistine dont il est amoureux, il est fait prisonnier par les Philistins mais parvient à faire écrouler leur temple avec la seule force de ses bras, tuant les chefs et mourant lui aussi sous les décombres.

  • Samuel (Chmouel) - שְמוּאֶל

Samuel est le dernier des Juges, mais également un grand prophète.

Son histoire commence avant sa naissance : sa mère, Hannah, est désespérée de ne pas avoir d’enfants. Un jour, elle se rend au Tabernacle et s’adresse directement à Dieu, ce qui est une pratique inconnue à l’époque. En demandant à Dieu de lui accorder un enfant, elle invente donc la prière ! Un an plus tard, Hannah met au monde un enfant qu’elle nomme Samuel, ce qui signifie « Dieu m’a entendue ». Il grandit dans le Tabernacle et devient un homme respecté dont l’autorité s’étend sur toutes les tribus d’Israël.

  • Les autres juges sont Othniel, Ehud, Shamgar, Avimélékh, Tola, Yaïr, Jephté, Ivtsan, Elon, Avdon et Eli.
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Josué

Le peuple entre en Terre Promise en traversant le Jourdain sous la conduite de Josué - יְהוׂשֻעַ.

La conquête du pays dure de nombreuses années et c’est Josué qui organise le partage du pays : chaque tribu reçoit un territoire, à l’exception de la tribu de Lévi qui était une tribu de prêtres (les Lévites).

Josué copie un nouveau rouleau de la Torah, comme Moïse, son maître. Il meurt à l’âge de 110 ans, aimé et pleuré de tout le peuple.

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L'errance dans le désert

Après avoir été libérés d’Égypte, les enfants d’Israël campent au pied du mont Sinaï où ils reçoivent leur loi : la Torah - תּוׂרָה -, dont les 10 premiers commandements ont été énoncés par Dieu à Moïse et inscrits sur des tables de pierre : « les Tables de la Loi ».

Ils se dirigent ensuite vers la terre de Canaan, terre promise par Dieu à leurs ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob. Le voyage ne devait durer que quelques jours mais, à l’idée de devoir faire une conquête militaire, les anciens esclaves prennent peur et refusent d’aller plus loin. Dieu décide donc que les Hébreux resteront dans le désert pendant 40 ans, le temps qu’une nouvelle génération grandisse et entre en Terre Promise.

Pendant ces 40 années, les Hébreux reçoivent une nourriture appelée « manne », qui tombe du ciel tous les matins. Ils construisent un Tabernacle, sorte de Temple portatif dans lequel a lieu le culte. Ils sont dirigés par Moïse - מׂשֶה -, sa sœur Myriam - מִרְיַם - et son frère Aaron - אַהֲרוׂן. Aaron est nommé Grand-Prêtre, fonction qui s’est ensuite transmise de père en fils. Myriam, Aaron et Moïse meurent la 39e année et le commandement est confié à Josué.

Le récit de la Torah s’achève sur la mort de Moïse.

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La libération

Moïse - מׂשֶה - et son frère Aaron -  אַהֲרוׂן- arrivent dans le palais de Pharaon avec pour seule demande : « Laisse partir mon peuple ! » Pharaon refuse et rend la vie des esclaves hébreux encore plus difficile.

Dieu fait alors s’abattre sur l’Égypte des fléaux : les « Dix plaies d’Égypte ». Mais après chaque plaie, Pharaon refuse toujours de libérer les Hébreux.

Après la dixième plaie, Pharaon accepte finalement de laisser les enfants d’Israël quitter l’Égypte. Ils partent donc en hâte mais, arrivés devant la mer des Joncs, ils s’aperçoivent que Pharaon est à leur poursuite avec ses chars et ses soldats !

C’est alors que se produit un miracle : la mer se sépare en deux, laissant un passage à sec pour que le peuple traverse. Lorsque tous les Hébreux sont passés, la mer se referme, engloutissant l’armée du cruel Pharaon !

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Moïse et le buisson ardent

Yo’héved - יוֹכֶבֶד-, une femme de la tribu de Lévi, met au monde un petit garçon. Pour lui sauver la vie, elle le place dans un panier et le dépose sur le Nil. La fille de Pharaon découvre le bébé et l’adopte, sans dire qu’il est hébreu. Elle le prénomme Moïse - מׂשֶה.

Moïse grandit dans le palais royal et devient un prince égyptien. Un jour, alors qu’un garde frappe l’un des esclaves hébreux, Moïse s’interpose et tue le garde. Il doit alors s’enfuir d’Égypte.

Il parvient jusqu’à Madian et trouve refuge dans la maison de Jethro - יִתְרוֹ -, le prêtre de la région. Il devient l’un de ses bergers et épouse sa fille, Tsipora - צִפֹּרָה.

Un jour, alors qu’il surveille ses troupeaux, il est attiré par une étrange apparition : un buisson en flammes qui ne brûle pas ! Il s’approche pour comprendre et Dieu s’adresse alors à lui. Dieu lui demande de retourner en Égypte pour dire à Pharaon de laisser partir les Hébreux.

Moïse retourne donc en Égypte et, avec son frère Aaron -  אַהֲרוׂן-, il se rend à la cour de Pharaon.

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L’esclavage d’Égypte

Les années passent et les descendants de Jacob, appelés les « enfants d’Israël » ou les « Hébreux », deviennent très nombreux en Égypte.

Un nouveau Pharaon, qui n’a pas connu Joseph, monte sur le trône d’Égypte. Il décide de réduire en esclavage le peuple hébreu, le chargeant de lourds travaux et lui rendant la vie misérable. Puis, de peur que les enfants d’Israël deviennent trop nombreux et ne puissent plus être maîtrisés, il décrète que tous les garçons hébreux doivent être tués à la naissance.

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Joseph

Joseph - יוׂסֶף - est le fils de Rachel -רַחֵל  - et Jacob - יַעֲקׂב.

Jacob a une affection particulière pour Joseph car il est le premier enfant de Rachel, morte en donnant naissance à son deuxième fils, Benjamin. Il lui a offert une magnifique tunique colorée qui a rendu ses frères jaloux.

Joseph a fait deux rêves où il se voyait dominant sa famille, et il a rendu ses frères encore plus jaloux en leur racontant ces rêves !

Les onze frères aînés de Joseph décident de se débarrasser de lui. N’osant pas le tuer, ils le vendent à des marchands d’esclaves qui se rendent en Égypte. Ils font croire à leur père que Joseph a été dévoré par une bête sauvage.

Joseph devient donc esclave en Égypte, mais ses talents, et en particulier son don pour interpréter les rêves, lui permettent en quelques années de devenir Premier ministre de Pharaon.

Près de 20 ans après la vente de Joseph, une terrible famine s’abat sur toute la région. Grâce à Joseph, l’Égypte a constitué d’importantes réserves de blé. Jacob, touché par la famine, envoie ses fils en Égypte pour y acheter du blé. C’est ainsi que Joseph retrouve ses frères et se réconcilie avec eux. Il fait venir son père et le reste de la famille et les installa en Égypte, dans une province appelée Gochen.

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Les treize enfants de Jacob

Jacob - יַעֲקׂב - a eu treize enfants, de quatre mères différentes (Rachel -  רַחֵל-, Léa - לֵאָה - et leurs deux servantes), soit douze garçons et une fille.

Voici leurs noms : Ruben -רְאוּבֵן  - ;  Simon -שִמְעוׂן  - ;  Lévi -  לֵוִי - ;  Juda - יִהוּדָה - ;  Issachar - יִשָּׂשׁכָר - ; Zébulon -  זְבוּלוּן - ; Dan - דָן - ; Naftali - נַפִתָלִי - ;  Gad - גָד - ;  Acher - אֲשֶר - ;  Dina - דִינָה  - ;  Joseph - יוׂסֶף - ;  Benjamin - בִּנְיָמִין.

Les fils de Jacob ont fondé chacun une tribu.

Après la naissance de Joseph, Jacob décide de quitter la Mésopotamie pour retourner en Canaan. Sur le chemin, il doit combattre un messager divin qui lui donne un nouveau nom : Israël - יִשׂרָאֵל. C’est pour cela que les descendants de Jacob sont appelés les « enfants d’Israël », que les tribus fondées par ses fils s’appellent les « tribus d’Israël », et que la terre de Canaan prendra le nom d’Israël.

Rachel meurt un peu plus tard en donnant naissance à Benjamin.

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Jacob, Léa et Rachel

Jacob - יַעֲקׂב - quitte la terre de Canaan pour se rendre en Mésopotamie, à ’Haran, chez les parents de sa mère, Rébecca.

En chemin, il s’arrête pour passer la nuit et fait un rêve : une échelle est posée à terre et le sommet atteint les cieux. Des anges en montent et en descendent. Puis, Dieu s’adresse à lui, renouvelle  la promesse qu’il avait faite à ses ancêtres de le protéger et de lui donner la terre de Canaan.

En arrivant à ’Haran, il rencontre sa cousine Rachel - רַחֵל  -, dont il tombe immédiatement amoureux. Pour pouvoir l’épouser, Jacob propose au père de Rachel, Laban, de travailler pour lui comme berger pendant sept ans. Mais au bout de ces sept années, Laban trompe Jacob et lui fait épouser Léa - לֵאָה -, la sœur aînée de Rachel ! Jacob peut finalement épouser Rachel en promettant de travailler encore sept ans pour Laban. C’est ainsi que Jacob a épousé les deux sœurs, Rachel et Léa. Ils ont eu treize enfants : douze fils et une fille.

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Isaac et Rébecca, Esaü et Jacob

Isaac - יִצְחַק -, fils d’Abraham - אַבְרָהָם - et de Sarah - שָרָה -, est circoncis à l’âge de 8 jours, comme l’a commandé Dieu.

Lorsqu’Isaac devient grand, Dieu, demande à Abraham, pour le tester, d’offrir son fils en sacrifice. Au dernier moment, Dieu dit à Abraham qu’aucun être humain ne devrait jamais plus être sacrifié et un bélier est offert à la place d’Isaac.

Isaac et sa femme Rébecca - רִבְקָה - ont des jumeaux : Ésaü - עֵשָׂו - et Jacob - יַעֲקׂב -, qui sont très différents. Esaü est roux, poilu, vigoureux et aime beaucoup la chasse. Jacob est calme et préfère rester dans sa tente.

Esaü étant l’aîné, il doit, selon les règles de l’époque, hériter de son père. Mais Rébecca pense que Jacob sera plus digne de l’héritage, car celui-ci inclut l’alliance conclue entre Dieu et Abraham. Aussi, lorsque vient le moment pour Isaac de donner sa dernière bénédiction à l’aîné de ses fils, Rébecca déguise Jacob pour qu’il soit béni à la place de son frère. Jacob a ensuite dû s’enfuir pour échapper à la vengeance d’Esaü.

histoire
Abraham et Sarah

Abraham - אַבְרָהָם - a vécu en Mésopotamie, dans la cité d’Ur Kasdim, il y a environ 4000 ans, avec sa femme Sarah - שָרָה. Au début du récit biblique, Abraham et Sarah s’appellent Abram et Saraï : Dieu change leurs noms en concluant une alliance avec eux.

Dieu demande à Abraham de quitter la Mésopotamie pour se rendre sur la terre de Canaan, et lui promet qu’il deviendra l’ancêtre d’un grand peuple qui héritera de cette terre. En signe de cette alliance, Abraham se circoncit.

Alors qu’Abraham et Sarah sont déjà très âgés, ils ont un fils nommé Isaac – יִצְחַק.

À leur mort, Abraham et Sarah sont enterrés à Hébron, dans le caveau de Makhpéla.

Abraham est le premier patriarche et Sarah la première matriarche du peuple juif, pour lequel ils restent des modèles, en particulier pour leurs grandes qualités : l’amour du prochain, l’hospitalité, la bonté, et l’immense confiance en Dieu.

Les origines

Les origines

L’histoire juive s’étend sur près de quatre millénaires, des récits bibliques jusqu’à aujourd’hui, à travers tous les continents.
Elle est ponctuée d’évènements très importants, certains tristes et d’autres heureux ; ainsi que par des personnages plus ou moins célèbres…

Pour bien la comprendre, il est essentiel de connaître la région où le judaïsme est né : le Proche-Orient.
Ici, on explore cette histoire pas à pas, grâce à la frise chronologique et aux cartes.

La frise chronologique

-2000
Antiquité
Moyen-âge
Époque moderne
Période contemporaine
2026
Histoire
Cartes
-2000
-1800
-1300
-1050
-931
-586
-516
70
600
1492
1789
1938
2026
Antiquité
Moyen-âge
Époque moderne
Période contemporaine
L’époque des Patriarches et des  Matriarches
L’esclavage et la sortie d’Égypte
Entrée en terre d’Israël - Période des Juges
Début de la Royauté - Royaume unifié
Les deux royaumes - Période du Premier Temple
Destruction du Premier Temple et construction du Second
Période du second temple
Destruction du Second Temple - Écriture du Talmud
Âge d’or et persécutions
Un judaïsme toujours en mouvement
De la Révolution à la déclaration Balfour
De l'horreur à l'espoir
L’époque des Patriarches et des  Matriarches
L’époque des Juges, des Rois et des Prophètes (-1300/-586)
Époque contemporaine
L’époque des Patriarches et des  Matriarches
Antiquité
-2000
L’époque des Patriarches et des  Matriarches
-1800
L’esclavage et la sortie d’Égypte
-1300
Entrée en terre d’Israël - Période des Juges
-1050
Début de la Royauté - Royaume unifié
-931
Les deux royaumes - Période du Premier Temple
-586
Destruction du Premier Temple et construction du Second
-516
Période du second temple
70
Destruction du Second Temple - Écriture du Talmud
Moyen-âge
600
Âge d’or et persécutions
Époque moderne
1492
Un judaïsme toujours en mouvement
Période Contemporaine
1789
De la Révolution à la déclaration Balfour
1938
De l'horreur à l'espoir
-2000
L’époque des Patriarches et des  Matriarches
-1300
L’époque des Juges, des Rois et des Prophètes (-1300/-586)
-764
Époque antique : Israël sous la domination d’empires successifs (-764/476)
2015
Époque contemporaine