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Yom Kippour

20
-
21
September
2026
2026-09-20
2026-09-21

Yom Kippour 2026 : vivre le jour du Grand Pardon

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Yom Kippour en quelques mots :

Yom Kippour, le jour du Grand Pardon, a lieu du coucher du soleil le dimanche 20 septembre à la tombée de la nuit le lundi 21 septembre 2026 (10 Tichri 5787). Jour le plus solennel du calendrier juif, il se vit dans un jeûne d'environ 25 heures et de longues prières, de l'office de Kol Nidré jusqu'à la clôture de Néïla.

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Yom Kippour est le jour le plus saint de l'année juive. C'est aussi celui que respectent des personnes qui ne pratiquent presque pas le reste de l'année : ce jour-là, les synagogues sont pleines, et beaucoup y reviennent par fidélité familiale plus que par observance.

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Il clôt une période de dix jours d'introspection ouverte à Roch Hachana. Le principe tient en une phrase : avant de demander pardon au ciel, on répare ce que l'on peut réparer avec les vivants.

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Dans cet article vous trouverez de nombreuses informations sur la fête, sa signification, la démarche de téchouva qui le prépare, son déroulé de la veille au soir à la sortie du jeûne, une checklist pratique, des repères pour le vivre en famille, et un guide pour comprendre et accompagner un proche qui l'observe, même sans rien connaître au judaïsme !

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Quand a lieu Yom Kippour en 2026 ?

Yom Kippour 2026 commence au coucher du soleil le dimanche 20 septembre 2026 et s'achève à la tombée de la nuit le lundi 21 septembre 2026. La fête correspond au 10 Tichri, dixième jour du premier mois de l'année civile juive, dans l'année hébraïque 5787.

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Comme toutes les fêtes juives, Yom Kippour débute la veille au soir. Cette règle vient du récit de la création, où le soir précède le matin : dans le calendrier juif, une journée commence à la tombée de la nuit. Le jeûne et les interdits commencent donc juste avant le coucher du soleil le dimanche, et se terminent le lendemain quand trois étoiles sont visibles dans le ciel.

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Les horaires précis varient selon la ville, car l'heure du coucher du soleil dépend de la position géographique. En France métropolitaine, un écart d'environ vingt minutes sépare l'est (Strasbourg, plus tôt) de l'ouest (Brest, plus tard). Il est donc essentiel de vérifier les horaires exacts de sa commune auprès de sa communauté ou d'un calendrier fiable.
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Yom Kippour - Tableau des dates 2026-2028

Année Début (veille au soir) Fin (tombée de la nuit) Date hébraïque
Yom Kippour 2026 Dimanche 20 septembre 2026 Lundi 21 septembre 2026 10 Tichri 5787
Yom Kippour 2027 Dimanche 10 octobre 2027 Lundi 11 octobre 2027 10 Tichri 5788
Yom Kippour 2028 Vendredi 29 septembre 2028 Samedi 30 septembre 2028 10 Tichri 5789

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Vous remarquerez que la date recule d'une année sur l'autre, puis fait un bond en arrière. C'est la signature du calendrier juif, qui suit les mois de la lune tout en restant calé sur les saisons du soleil : un mois entier est ajouté sept fois tous les dix-neuf ans pour rattraper l'écart. Retrouvez l'ensemble des dates sur le calendrier des fêtes juives.

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Que signifie Yom Kippour ?

Yom Kippour signifie "jour de l'expiation", souvent traduit par jour du Grand Pardon. C'est le jour où, selon la tradition juive, chacun cherche à réparer ses fautes et à se réconcilier, avec autrui comme avec le divin.

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La tradition le présente comme le "chabbat des chabbats", le repos le plus complet de l'année. Le chabbat étant le jour de repos hebdomadaire, cette expression souligne que Yom Kippour dépasse en solennité tous les autres jours de repos du calendrier.

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D'où vient Yom Kippour ?

Le jour est institué dans la Bible hébraïque, au chapitre 16 du Lévitique. À l'époque du Temple de Jérusalem, il donnait lieu au rituel le plus impressionnant de l'année, entièrement confié au grand prêtre.

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Ce jour-là, et ce jour-là seulement, le grand prêtre entrait dans le Saint des saints, la chambre la plus intérieure du Temple. Le rituel comportait deux boucs : l'un était offert en sacrifice, l'autre, symboliquement chargé des fautes du peuple, était envoyé au désert.

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Après la destruction du second Temple en l'an 70, ce rituel a disparu. Il subsiste sous forme de récit : l'office de Moussaf en fait mémoire chaque année, et le sacrifice a laissé place à la prière, au jeûne et à la réparation entre les personnes.

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Le saviez-vous ?

L'expression française "bouc émissaire" vient directement de ce rituel. Le Lévitique décrit deux boucs tirés au sort, l'un pour le Seigneur, l'autre envoyé "pour Azazel" dans le désert en emportant les fautes du peuple. Le mot est passé de la Bible à l'anglais "scapegoat", puis au français, où il désigne aujourd'hui celui à qui l'on fait porter les torts de tous.

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Quel est le lien entre Roch Hachana et Yom Kippour ?

Yom Kippour forme un duo avec Roch Hachana, le nouvel an juif. La tradition enseigne qu'à Roch Hachana le sort de chacun est "inscrit", puis "scellé" à Yom Kippour.

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C'est ce qui explique le salut propre à ce jour, "Gmar Hatima Tova", que l'on peut traduire par "que ta sentence soit scellée pour le bien". La formule remplace le "Chana Tova" échangé dix jours plus tôt : au fil de la période, le vœu se précise.

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Entre les deux fêtes s'étendent les dix jours de téchouva, du 1er au 10 Tichri. Ce sont eux qui donnent au jour son sens, et ils méritent qu'on s'y arrête.

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Qu'est-ce que la Téchouva ?

Téchouva signifie littéralement "retour". Le mot est souvent traduit par repentir, mais la nuance compte : il ne s'agit pas de se flageller, il s'agit de revenir sur ses pas et de reprendre la route dans le bon sens.

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Un principe surprend souvent, et il est central : Yom Kippour ne répare que ce qui concerne la relation au divin. Les torts causés à une personne ne sont pardonnés que si l'on est allé lui parler directement. Aucun jeûne, aucune prière ne peut remplacer cette démarche, et c'est pourquoi les jours qui précèdent la fête sont consacrés à renouer et à s'excuser.

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Quelles sont les cinq étapes de la Téchouva selon Maïmonide ?

Au douzième siècle, le rabbin et médecin Maïmonide a décrit dans ses Lois du repentir ce que suppose une téchouva véritable. Son schéma reste aujourd'hui la référence, et il a le mérite d'être concret : il transforme une bonne intention en démarche vérifiable.

  1. Reconnaître la faute : nommer précisément ce que l'on a fait, sans le minimiser ni le noyer dans les circonstances.
  2. Regretter : éprouver réellement que l'on aurait dû agir autrement, ce qui suppose de mesurer le tort causé.
  3. Cesser : arrêter l'acte, ce qui est la seule étape entièrement sous notre contrôle.
  4. Réparer et demander pardon : aller vers la personne lésée, réparer le dommage quand c'est possible, et lui demander pardon. Maïmonide précise qu'une indemnisation ne suffit pas : il faut aussi apaiser la personne.
  5. S'engager pour l'avenir : prendre la résolution de ne pas recommencer, et la tenir.

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La démarche s'achève par le vidouy, la confession, prononcée à voix haute ou intérieurement. Elle vient en dernier, une fois le tort réparé : confesser au ciel avant d'avoir parlé à la personne concernée, c'est prendre le problème à l'envers.

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Le saviez-vous ?

Maïmonide propose un test pour savoir si la téchouva est complète : se retrouver dans exactement la même situation, avec la même occasion de recommencer, et ne pas le faire. Autrement dit, le repentir ne se mesure pas au remords ressenti, mais à ce que l'on fait la fois suivante. Le même homme était par ailleurs médecin de cour au Caire, ce qui explique peut-être ce goût du diagnostic vérifiable.

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Et si la personne refuse de pardonner ?

La tradition a prévu le cas, et sa réponse est étonnamment précise. On demande pardon une première fois. Si la personne refuse, on revient une deuxième puis une troisième fois, accompagné de témoins.
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Après trois refus, la démarche est considérée comme accomplie : celui qui a demandé pardon est quitte, et c'est le refus obstiné qui devient à son tour une faute. La tradition fixe ainsi une limite à la culpabilité, ce qui est une forme de bienveillance.
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Le pardon a d'ailleurs deux faces. Yom Kippour demande de solliciter le pardon, mais aussi de l'accorder, ce qui est souvent le plus difficile des deux.
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Comment se déroule la journée ?

Yom Kippour se vit presque entièrement à la synagogue, dans le jeûne et la prière. La journée est rythmée par cinq offices, un fait unique dans l'année, et encadrée par des règles précises. Voici son déroulé, de la veille au soir jusqu'à la sortie du jeûne.
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Que se passe-t-il la veille de Yom Kippour ?

Cette journée porte un nom, Erev Yom Kippour, littéralement "la veille de Yom Kippour", parfois désignée "Yom Kippour Eve" ou "Yom Kippur Eve" en anglais. Le travail y reste autorisé jusqu'au coucher du soleil, mais l'après-midi est chargée des derniers préparatifs avant l'entrée du jeûne.
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On prend un repas de fin d'après-midi, la seuda mafseket, pensé pour tenir le jeûne : nourrissant, peu salé, sans excès.
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Avant le coucher du soleil, on allume les bougies de fête ; dans de nombreux foyers s'y ajoute une bougie de commémoration, la yahrzeit, destinée à brûler vingt-cinq heures en mémoire des proches disparus. Dans beaucoup de familles, les parents bénissent aussi leurs enfants, et certains se rendent au mikvé, le bain rituel, pour une immersion de purification avant la fête. D'autres accomplissent les kapparot, une coutume ancienne de rachat symbolique, aujourd'hui pratiquée le plus souvent avec de l'argent destiné à la charité.
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Puis chacun part pour la synagogue, souvent vêtu de blanc et chaussé de souliers non en cuir. C'est ce cortège silencieux, en fin de journée, qui donne à la veille de Kippour son atmosphère si particulière.
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Qui doit jeûner à Yom Kippour, et quelles sont les dispenses ?

Le jeûne de Yom Kippour dure environ 25 heures, sans aucune nourriture ni boisson, y compris l'eau. Il vise à détacher l'attention des besoins du corps pour la concentrer sur l'introspection et la prière.
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Le jeûne concerne les adultes, à partir de la bar-mitsva pour les garçons (13 ans) et de la bat-mitsva pour les filles (12 ans). Les jeunes enfants ne jeûnent pas, et on les y initie progressivement en grandissant, souvent par quelques heures d'abord.
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La préservation de la santé prime sur le jeûne dans la tradition juive. Une personne malade, enceinte, ou dont la santé serait mise en danger peut, voire doit, ne pas jeûner. Pour toute situation personnelle, il est indispensable de consulter un médecin et un rabbin.
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Quels sont les cinq offices de Yom Kippour ?

Yom Kippour est le seul jour de l'année qui compte cinq offices de prière. Ils s'enchaînent de la veille au soir jusqu'à la nuit suivante, encadrant le jeûne du début à la fin.
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L'office d'ouverture est célèbre pour sa mélodie : Kol Nidré, une déclaration solennelle par laquelle on annule les vœux non tenus envers le divin. La journée se clôt par Néïla, littéralement la "fermeture des portes", office propre à Yom Kippour qui s'achève par une longue sonnerie de chofar, la corne de bélier.
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Yom Kippour - Tableau des cinq offices

Office Moment Temps fort
Kol Nidré Le soir d'ouverture (dimanche 20 septembre) Déclaration d'annulation des vœux
Chaharit Le matin Lecture de la Torah et Yizkor, souvenir des défunts
Moussaf La fin de matinée Évocation du service du Temple de Jérusalem
Minha L'après-midi Lecture du Livre de Jonas
Néïla La clôture, à la tombée de la nuit "Fermeture des portes" et sonnerie finale du chofar


La sonnerie finale de Néïla est le moment le plus attendu de la journée. Après vingt-cinq heures de jeûne et de prières, une seule note tenue de chofar clôt le jour, et l'assemblée répond souvent par un chant. Pour comprendre la place de ces offices dans la semaine ordinaire, voyez notre page sur les prières.
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Le saviez-vous ?

Kol Nidré n'est pas une prière mais une formule juridique, rédigée en araméen, qui annule des engagements. Sa mélodie est pourtant devenue si célèbre qu'un compositeur allemand protestant, Max Bruch, en a tiré en 1880 une pièce pour violoncelle et orchestre, son deuxième plus grand succès après son premier concerto pour violon. Beaucoup ont cru qu'il était juif, et il a passé sa vie à démentir.

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Qu'est-ce que le vidouy ?

Plusieurs fois dans la journée, l'assemblée récite le vidouy, la confession des fautes, en se frappant légèrement la poitrine à l'énoncé de chaque ligne. Ces listes, connues sous les noms d'Achamnou et de Al Het, passent en revue les manquements de l'année.
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Un détail dit beaucoup de l'esprit du jour : tout est formulé au pluriel, "nous avons fauté", jamais "j'ai fauté". Personne ne confesse seul, et chacun assume aussi ce que la communauté a laissé faire.
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Pourquoi lit-on le Livre de Jonas à Yom Kippour ?

À l'office de Minha, on lit en entier le Livre de Jonas. C'est l'histoire du prophète qui fuit sa mission, se retrouve avalé par un grand poisson, puis va finalement avertir la ville de Ninive, qui se repent et est épargnée.
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Le choix éclaire tout ce qui précède. Jonas est le récit de téchouva par excellence : celle de Ninive, qui change de conduite et voit sa condamnation levée, et celle de Jonas lui-même, qui a d'abord fui.
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Un second point mérite d'être relevé. Ninive n'est pas une ville juive : le texte le plus lu du jour du Grand Pardon raconte le repentir d'un peuple étranger, et affirme que la porte du retour est ouverte à tous.

Le saviez-vous ?

Jonas est le seul prophète de la Bible hébraïque à réussir sa mission du premier coup, et le seul que sa réussite met en colère. Il boude à la fin du livre, contrarié que Dieu ait pardonné à ses ennemis. Le texte se termine sur une question laissée sans réponse, ce qui en fait une lecture troublante à méditer un jour de pardon.

Le blanc, les cinq privations, la rupture du jeûne

Le blanc domine à Yom Kippour. Beaucoup portent des vêtements clairs, et certains revêtent un kittel, une tunique blanche, symbole de pureté et de renouveau. Une explication traditionnelle y voit une ressemblance recherchée avec les anges, des êtres purs que l'on imagine sans besoins corporels, un thème qui fait écho au jeûne du jour.
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Au-delà du jeûne, la tradition observe cinq interdits, appelés les cinq privations, qui visent à mettre le confort du corps de côté le temps du jour.

  1. Ne pas manger ni boire.
  2. Ne pas se laver pour le plaisir.
  3. Ne pas s'enduire de crèmes, d'huiles ou de parfums.
  4. Ne pas porter de chaussures en cuir.
  5. S'abstenir de relations conjugales.
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L'interdit des chaussures en cuir intrigue souvent. L'explication traditionnelle tient à la fois au confort, le cuir étant la chaussure de qualité de l'Antiquité, et à la cohérence : il serait paradoxal de demander grâce pour la vie tout en portant la peau d'un animal.
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Le saviez-vous ?

Cet interdit produit chaque année la même scène : des fidèles en costume sombre et chemise blanche, et aux pieds, des baskets ou des chaussures en toile. Loin d'être un relâchement, c'est le signe visible que l'on respecte scrupuleusement l'une des cinq privations du jour.

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À la tombée de la nuit, après la sonnerie de Néïla, le jeûne se rompt. Le repas de rupture, souvent léger et convivial, réunit famille et amis dans un climat d'apaisement et de nouveau départ.
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Comment préparer Yom Kippour ?

Préparer Yom Kippour, c'est autant une démarche intérieure qu'une organisation pratique. Voici les six étapes à suivre pour aborder le jour sereinement, seul ou en famille.
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  1. Noter la date et vérifier les horaires : bloquez le dimanche 20 au soir au lundi 21 septembre 2026, puis vérifiez les horaires exacts de début et de fin de jeûne pour votre ville.
  2. Engager la démarche de téchouva : c'est la préparation la plus importante, et la seule qui ne peut pas être faite le jour même. Le schéma de Maïmonide décrit plus haut donne la marche à suivre.
  3. Organiser le repas d'avant-jeûne : prévoyez un repas nourrissant et peu salé, la seuda mafseket. Réduire progressivement le café dans les jours qui précèdent limite les maux de tête.
  4. Préparer les vêtements : une tenue claire et des chaussures qui ne soient pas en cuir, y compris pour les enfants.
  5. Préparer les enfants : expliquez le sens du jour avec des mots simples et une vidéo pédagogique, sans imposer le jeûne aux plus jeunes.
  6. Anticiper les offices et la rupture : repérez les horaires de votre synagogue, prévenez votre employeur ou votre établissement scolaire, et organisez à l'avance le repas de rupture pour ne pas avoir à cuisiner en sortant du jeûne.

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Comment vivre Yom Kippour avec des enfants ?

Une journée entière de jeûne et de prières peut sembler hors de portée pour un enfant. Elle ne l'est pas, à condition de la lui présenter par le pardon plutôt que par la privation.

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Le meilleur point d'entrée est une question simple : un "pardon" suffit-il toujours ? Proposez quelques situations concrètes, une bousculade dans la cour, un objet cassé, une moquerie, et demandez lesquelles se règlent d'un mot et lesquelles demandent davantage. Le débat s'installe seul, et il mène exactement là où mène Yom Kippour.

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De là, deux exercices fonctionnent bien. Se mettre à la place de celui qui a blessé et chercher comment réparer, puis inverser les rôles et se mettre à la place de celui qui doit pardonner, ce qui est souvent le plus difficile pour un enfant comme pour un adulte.

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Côté pratique, les enfants ne jeûnent pas et mangent normalement. Beaucoup de familles les emmènent à la synagogue pour un temps court, souvent pour la sonnerie finale de Néïla : ce son de corne, tenu longuement dans le silence, marque les mémoires bien plus qu'une journée entière d'office.

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Vous n'êtes pas juif·ve ? Comment comprendre et accompagner Yom Kippour ?

Vous avez un collègue, un ami ou un voisin qui observe Yom Kippour ? Quelques repères simples permettent de le comprendre et de l'accompagner avec justesse. Voici l'essentiel.

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Que dire ? Le souhait le plus courant est "Gmar Hatima Tova", qui exprime le vœu d'une "bonne sentence scellée". On peut aussi souhaiter un "jeûne facile", en hébreu "Tsom Kal". Un simple mot bienveillant suffit et sera apprécié, même prononcé approximativement.

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Ce que l'on ne souhaite pas. Évitez "joyeux Yom Kippour" : le jour est solennel, pas festif. C'est la seule maladresse vraiment à éviter, et elle se corrige d'un sourire.

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Comment respecter un proche qui jeûne ? Ne proposez pas à manger ou à boire, et comprenez qu'une certaine fatigue est normale en fin de journée. Il est délicat de fixer une réunion importante, un déjeuner ou un examen ce jour-là.

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Si vous recevez un message d'excuses. À l'approche du jour, il arrive que des personnes juives contactent leurs proches pour solder les malentendus de l'année. Ce n'est pas une formalité polie : c'est l'étape de réparation décrite plus haut, et elle s'adresse à tous, quelle que soit la religion de l'interlocuteur.

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Ce que l'on évite ce jour-là : en Israël, l'espace public s'arrête presque totalement pendant 25 heures. Ailleurs, la personne qui observe le jour se met en retrait des activités ordinaires, y compris du téléphone et des écrans : le savoir aide à ne pas s'inquiéter d'un silence de vingt-cinq heures.

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Le saviez-vous ? En Israël, Yom Kippour est le seul jour de l'année où l'aéroport Ben Gourion ferme, où la télévision et la radio cessent d'émettre, et où les routes se vident presque entièrement. Les autoroutes désertes sont alors investies par des milliers d'enfants à vélo, au point que le jour a hérité du surnom de "fête des bicyclettes".

Et après Yom Kippour ?

La sortie du jeûne n'est pas une fin. Selon une coutume répandue, on plante le premier clou de sa cabane le soir même ou le lendemain, pour enchaîner sans transition sur la préparation de Souccot, qui commence quatre jours plus tard.

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Ce passage éclaire toute la période : après l'introspection vient la joie, et le calendrier ne laisse pas le temps de s'attarder sur ses fautes une fois qu'elles ont été traitées.

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Le saviez-vous ?

La Mishna, recueil de lois rédigé au deuxième siècle, affirme qu'Israël n'avait pas de jours plus joyeux que le 15 du mois d'Av et Yom Kippour. Ce jour-là, les jeunes filles de Jérusalem sortaient danser en blanc dans les vignes, et les mariages s'y arrangeaient. Le jour le plus solennel du calendrier a donc longtemps été aussi l'un des plus gais : une fois pardonné, on recommence.

Les points à retenir

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  1. Yom Kippour 2026 a lieu du dimanche 20 au soir au lundi 21 septembre 2026, soit le 10 Tichri 5787.
  2. C'est le jour le plus solennel de l'année juive, appelé jour du Grand Pardon, institué au chapitre 16 du Lévitique.
  3. Le jeûne dure environ 25 heures, sans nourriture ni boisson, sauf dispense pour raison de santé.
  4. Les torts causés à une personne se règlent avec elle, avant le jour : Yom Kippour ne les efface pas à sa place.
  5. La téchouva suit cinq étapes chez Maïmonide : reconnaître, regretter, cesser, réparer, s'engager.
  6. La journée compte cinq offices, de Kol Nidré à Néïla, un fait unique dans l'année.
  7. Cinq interdits accompagnent le jeûne, dont le port de chaussures en cuir.
  8. On souhaite "Gmar Hatima Tova" ou un "jeûne facile" (Tsom Kal), jamais un "joyeux Yom Kippour".

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FAQ Yom Kippour 2026

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Quelle est la date de Yom Kippour en 2026 ?

Yom Kippour 2026 commence au coucher du soleil le dimanche 20 septembre et se termine à la tombée de la nuit le lundi 21 septembre 2026, soit le 10 Tichri 5787.

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Pourquoi jeûne-t-on à Yom Kippour ?

Le jeûne met de côté les besoins du corps pour libérer l'attention et la porter sur l'introspection, la prière et la réparation. Il n'est pas conçu comme une punition, mais comme une mise entre parenthèses du quotidien pendant vingt-cinq heures.

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Qu'est-ce que la téchouva ?

La téchouva, littéralement le "retour", est la démarche de repentir qui prépare Yom Kippour. Selon le schéma de Maïmonide, elle suppose de reconnaître la faute, de la regretter, de cesser, de réparer et de demander pardon, puis de s'engager à ne pas recommencer.

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Est-on obligé de faire téchouva ?

La tradition juive la présente comme un devoir, mais elle repose entièrement sur la sincérité : une démarche contrainte n'aurait aucune valeur à ses propres yeux. C'est moins une obligation à cocher qu'une occasion offerte une fois par an.

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Et si on ne s'est pas rendu compte qu'on avait blessé quelqu'un ?

C'est précisément l'utilité des dix jours qui précèdent Yom Kippour : ils invitent à repasser l'année et à demander autour de soi si l'on a blessé sans le voir. Le tort involontaire compte aussi, et il se répare de la même manière.

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Et si la personne refuse de pardonner ?

La tradition demande de renouveler la démarche jusqu'à trois fois, en présence de témoins les deuxième et troisième fois. Après trois refus, celui qui a demandé pardon est considéré comme quitte, et c'est le refus obstiné qui devient à son tour une faute.

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Et si on n'arrive pas à pardonner ?

Yom Kippour demande aussi d'accorder le pardon, et la tradition reconnaît que c'est souvent le plus difficile. Elle n'exige pas d'oublier ni de se réconcilier à tout prix, mais de ne pas s'enfermer dans le refus.

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Les enfants jeûnent-ils à Yom Kippour ?

Les jeunes enfants ne jeûnent pas. Le jeûne concerne les adultes à partir de la bar-mitsva (13 ans) et de la bat-mitsva (12 ans), et l'on y initie les jeunes progressivement, souvent par quelques heures d'abord.

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Peut-on boire de l'eau pendant Yom Kippour ?

Non, le jeûne de Yom Kippour exclut aussi l'eau. Toutefois, la santé prime : une personne dont l'état l'exige doit boire ou manger. Pour tout cas personnel, consultez un médecin et un rabbin.

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Passe-t-on toute la journée à la synagogue ?

La journée est effectivement occupée par cinq offices, et beaucoup y passent l'essentiel du jour. D'autres n'assistent qu'à Kol Nidré le soir et à Néïla à la clôture, et passent le reste du temps chez eux, au calme.

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Pourquoi porte-t-on du blanc à Yom Kippour ?

Le blanc symbolise la pureté et le renouveau. Certains portent un kittel, une tunique blanche, en signe d'humilité et d'aspiration à repartir sur de nouvelles bases.

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Pourquoi ne porte-t-on pas de chaussures en cuir ?

C'est l'une des cinq privations du jour. Le cuir était la chaussure confortable de l'Antiquité, et la tradition juge peu cohérent de demander grâce pour la vie tout en portant la peau d'un animal. D'où les baskets aperçues sous les costumes le jour de Kippour.

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Que répondre à "Gmar Hatima Tova" ?

Vous pouvez répondre par la même formule, "Gmar Hatima Tova", ou souhaiter un "jeûne facile", "Tsom Kal". Un mot bienveillant suffit, même sans connaître l'hébreu.

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Peut-on travailler pendant Yom Kippour ?

Yom Kippour est un jour chômé dans la tradition juive, où les activités du quotidien sont mises de côté. En France, ce n'est pas un jour férié légal : il faut poser un congé. Pour toute question personnelle sur ce qui est permis, il est conseillé de consulter un rabbin.

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Quelle différence entre Roch Hachana et Yom Kippour ?

Roch Hachana ouvre l'année nouvelle et les dix jours d'introspection ; Yom Kippour les clôt. La tradition dit que le sort de chacun est inscrit à Roch Hachana, puis scellé à Yom Kippour.

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Faut-il être juif pour entrer dans une synagogue à Yom Kippour ?

Non, les synagogues accueillent des visiteurs non juifs. Il est simplement conseillé de prévenir la communauté à l'avance, car les places sont limitées ce jour-là et l'accès est souvent contrôlé.

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Pourquoi parle-t-on de la guerre de Kippour ?

Le conflit israélo-arabe d'octobre 1973 porte ce nom parce qu'il a débuté le jour de Yom Kippour, alors que le pays était presque entièrement à l'arrêt. L'expression désigne l'événement historique et non la fête elle-même.

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Lexique

  • Al Het : longue confession collective récitée plusieurs fois dans la journée.
  • Chofar : corne de bélier dont la sonnerie clôt le jeûne.
  • Gmar Hatima Tova : vœu de Yom Kippour, "que ta sentence soit scellée pour le bien".
  • Kapparot : coutume de rachat symbolique pratiquée la veille, souvent avec un don d'argent.
  • Kittel : tunique blanche portée par certains, symbole de pureté.
  • Kol Nidré : office et déclaration en araméen qui ouvrent Yom Kippour, annulant les vœux non tenus.
  • Maïmonide : rabbin, philosophe et médecin du douzième siècle, auteur des Lois du repentir qui font référence sur la téchouva.
  • Mitsva : commandement, et par extension bonne action accomplie au titre de la tradition.
  • Néïla : office de clôture, "fermeture des portes", qui s'achève par la sonnerie du chofar.
  • Saint des saints : chambre la plus intérieure du Temple, où le grand prêtre entrait une seule fois par an.
  • Seuda mafseket : repas pris avant le début du jeûne.
  • Téchouva : "retour", démarche de repentir en cinq étapes qui prépare Yom Kippour.
  • Tichri : premier mois de l'année civile juive, qui ouvre la saison des fêtes d'automne.
  • Tsom Kal : "jeûne facile", souhait adressé à celui qui jeûne.
  • Vidouy : confession des fautes, toujours formulée au pluriel.
  • Yizkor : prière du souvenir des défunts, récitée le matin.

Références et sources